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     Utilisant souvent des baumes le soir pour me masser les pieds, j'ai depuis un an environ testé des huiles essentielles considérées comme propices aux rêves.


     

    La plus réputée est celle de fragonia (agonis fragrans), distillée à partir des feuilles (et des fleurs?) d'un arbuste de la famille des myrtacées, comme le tea tree dont il partage les propriétés anti microbiennes. Le fragonia, qui pousse au sud ouest de l'Australie, est généralement riche en 1-8 cineole (certaines variétés néanmoins n'en ont pas). C'est un bon anti-inflammatoire. J'ai déjà testé les HE de fragonia d'Osmobiose en France, de Luminescents en Angleterre et … grâce à Catherine, qui m'avait fait parvenir un flacon, celle de New directions Australie (un immense merci, ma belle). Les effets de cette He sur le sommeil sont parfois (d)étonnants car elle donne des rêves mouvementés.

    Comme je prépare en général des synergies, j'ai fait divers essais en l'associant à d'autres He, censées également agir sur les songes ou le sommeil. Un jour, j'ai trouvé cet article (clic ici) sur un blog fort intéressant appelé joliment l'attrape songes et consacré à ce qu'on appelle le rêve lucide (on a conscience qu'on rêve dans un rêve).

     

    http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Ikaos/boules420.gifPour ceux et celles qui ont du mal à naviguer sur internet, j'énumère ci-dessous les He citées dans ce texte.


    Pour favoriser le sommeil

    lavande

    angélique


    Pour la remémoration onirique

    clou de girofle


    Pour faciliter la venue des rêves

     sauge sclarée : intuition et créativité

    nard indien: rèves sereins


    Pour favoriser certains types de rêves

    ylang ylang: rêves roses

    santal: rêves à caractère spirituel

     

    Les conseils donnés sont pour des applications en externe sur différentes parties du corps (là où ça pulse, plexus solaire, poignets, etc)

    Je suis addict aux baumes, j'ai donc préféré les prendre comme suppports.

     

    J'en avais fait un au fragonia qui s'est révélé jusque là -sur moi- le plus tonitruant dans ses effets, il y a un an (voir ici la recette, qui renferme des HE de fragonia, petits grains et rose).  J'ai persisté dans mes esssais entre deux pauses. 

     

    Deux baumes récents m'ont permis de faire des comparaisons car je les ai utilisés l'un après l'autre. Dans les deux (comme dans le premier cité), j'ai inclus de la rose pour pacifier et harmoniser.

      DSCN8703.jpgA gauche le baume à rêver, à droite celui des songes verts. Tous deux induisent vraiment le sommeil.


     

    Baume des songes verts 


    9g macérat des 3 thés dans olive (Michèle)

    6 macérat de girofle dans olive (maison)

    10 macérat de rose dans olive (maison)

    30 macérat de jasmin dans jojoba/bourrache (Michèle)

    35 huile de noyau d’abricots

    20 g huile de sésame

    10 beurre karité/chanvre

    12 cire soja

    15coco/GMS

    vit E

    HE

    25gtes fragonia

    20 gtes lavande 

    12 gtes genevrier des montagnes rocheuses

    8 gtes angélique racine

    10 gtes petitgrain bigarade

    3 CO2 nard

     

    La belle couleur verte est due à la fois au macérat de thé et au beurre chanvre/karité.

    Au nez, c'est l'angélique qui domine. Personnellement, ce baume me fait vraiment rêver, avec des scénarios assez spectaculaires. Une véritable deuxième vie nocturne, un peu plus pacifiée néanmoins que lors de ma toute première expérience.

     

     

    Baume à rêves  


    25g cire d'abeille 

    6g lécithine

    7g beurre coco/GMS

    8g beurre ucuuba

    4g beurre mangue

    40g macérats huileux de rose dont:

    (2g rose/jojoba maison

    16g rose dans coco+cocofractionnée (Michèle)

      le reste en rose de Provins dans Biofritol (maison))

    30g rose+matricaire dans biofritol (maison)

    30g main de bouddha dans olive (maison)

    11 macérat de chevrefeuille dans pépin de raisin (Irène)

    15 macérat de vanille dans tournesol (maison)

    40g huile de sésame

    vit E

    4  gtes EPP

     

    HE

    HE fragonia 35 gtes

    He nard de lucknow10 gtes

    HE genevrier des montagnes rocheuses 10 gtes

    He angélique 10gtes

    HE petitgrain clémentine 15 gtes

    HE petitgrain bigarade 10 gtes

     

     Dans celui-ci, il y a pas mal de macérats différents, car j'ai fait un grand rangement dans mon frigo cosméto. Comme c'est la fin du beurre d'ucuuba, je trouve qu'on le sent un peu plus qu'on ne le devrait. Curieusement, ce baume qui renferme plus de fragonia que le précédent produit des rêves moins extravagants. Il renferme plus de nard, censé donner des rêves sereins (et pas de lavande ni de jasmin). Je rève beaucoup, mais les souvenirs arrivent de façon capricieuse (je n'ai rien mis à base de girofle, mais ce n'est peut être qu'une coincidence). 

     

    Sur les petits grains

     

    A priori, les HE de petitgrain (combava, citron, bigarade, etc. J'ai découvert que Myrtea proposait une HE de petit grain de cedrat!) ont une vraie action sédative. Mais celles de petitgrain mandarinier et de clémentinier renferment, comme le jasmin d'ailleurs, de l'anthranilate de méthyle, une molécule aux effets quasi stupéfiants (au sens d'une drogue).

     

      http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Ikaos/boules420.gifLiens

      plein de pistes en anglais.

     

    *Sur l'association nard lavande voir ici clic

     

    *Une liste très intéressante, et à explorer, de mélanges pour le mental dont le dream catcher avec du genevrier des rocheuses (juniper scopularum), de l'ylang, du santal du poivre, etc…  voir ici clic

     

    *Une page qui décrit des "rituels" pour se souvenir de ses rêves avec, entre autres , un bain qui associe le genevrier (sans plus de précision ) et la lavande, , ou un bain " de conte de fées" avec, entre autres, petit grain bigaradier, jasmin chevrefeuille et lavande voir ici, clic

     

    *L'huile essentielle de génévrier pour se relaxer avant de dormir clic ici

     

    * Un lien indiqué par Irène dans son commentaire  (qui évoque la rose, le santal, l'helichryse et le palo santo) clic ici

     


     



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  • Je suis en train d'explorer les usages du ricinion qui permet de faire des laits archi légers à pschitter sans souci.


    Nouvelle tentative pour une amie qui se plaint de jambes lourdes à la belle saison (le printemps est là) : une lotion lactée à vaporiser sur les gambettes avec effet frais dès le premier pschitt.

    J'ai donc incorporé des cristaux de menthol dilués dans une teinture. Il ne m'en restait que 2g, j'ai fait avec. J'ai également décliné la menthe en teinture, hydrolat et HE. Pour le parfum, j'ai ajouté un peu de rose en hydrolat et en hydro-glyceriné, car la rose et la menthe se marient comme dans un jardin anglais. 

    Pour le reste, j'ai fait une sélection d'ingrédients susceptibles de favoriser la circulation veineuse.


    -He de mastic grec (extrait de la résine du lentisque pistachier) , une vraie merveille (hélàs onéreuse, même en Grèce), au parfum très spécifique (avec des notes réglissées et d'horchata, pour ceux et celles qui connaissent) très efficace pour les problèmes circulatoires. Je l'utilise aussi pour stopper un début de sinusite en fumigation, c'est d'une efficacité étonnante. A défaut, utiliser l'HE de lentisque pistachier, extraite des jeunes rameaux mais l'odeur n'est pas la même, meme si les propriétés sont proches. 


    -HE de cyprès (cupressus sempervirens) à vraiment acheter en bio car l'arbre est un grand chélateur de métaux lourds. Décongestionnant veineux et tonique de la circulation. (Je vérifie souvent vite fait dans les fiches informatives d'AZ très bien faites) 


    -He de romarin à camphre (décongestionnant veineux) que Michèle m'a fait apprécier en association avec le genevrier dans une crème pour les pieds, c'est très délassant


    -HE de génévrier des montagnes rocheuses (juniper scopulorum) associée à une teinture de genevrier… finlandais (j'avais rapporté quelques menus rameaux de Finlande). L'HE de ce génévrier a notamment des propriétés detoxifiantes. Vitalba recommande celle du genevrier nain en association avec le lentisque pour lutter contte les jambres lourdes. 


    -HE d'hélichryse italienne, associée à son hydrolat, tonifiants de la circulation sanguine


    J'ai pioché dans des macérats maison: souci, laurier, matricaire, tous anti inflammatoires

     

    J'ai pensé à l'huile de tamanu pour sa force anti inflammatoire (et sa couleur verte)

     

    J'ai également ajouté du silicium recommandé pour alléger les gambettes (Michèle, merci pour les unidoses, drôlement pratiques)


    et j'ai ajouté de l'élixir d'émeraude pour harmoniser le tout

     

      DSCN8701.jpg

    Le ton vert très pâle est dû au tamanu, mais en pschittant,le liquide se fait évanescent sur la peau. Vive le ricinion…

     

    Pschitt mentholé pour gambettes légères

     

    En poids


    120gtes d'He :

     25gtes genevrier des rocheuses

    15gtes  romarin à camphre

    10 gtes menthe poivrée

    25 gtes mastic grec

    15 gtes  hélichryse

    30 gtes cyprès 

     

    8g ricinion


    20g huiles:

    8g tamanu

    3 macérat souci dans biofritol

    3 macérat laurier matricaire dans olive

    6 coco fractionnée (pour alléger la texture)

     

    10g teinture de genevrier finlandais

    10g teinture de menthe fraîche de Roscoff

    tiédiees dans lesquelles j’ai dilué  2g cristaux de menthol

     

    15 g silicium

    10g hydroglycériné de rose

    30g hydrolat d'helichryse

    50g hydrolat de rose centifolia

    43,6g hydrolat de menthe poivrée

     

    10gtes elixir d'emeraude

    1,4g géogard

     

    en %


    2% HE

    4 ricinion

    10 huiles végétales et/ou macérats huileux

    10 teintures

    0,7 géogard

    1 cristaux de menthol  (on pourrait en mettre 2%)

    7,5 silicium

    5 glycérine ou hydrogycériné

    61,8 hydrolats

     

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/objets/jeux/bebe001.gif

    Verdict personnel: effet frais immédiat, odeur mentholée très nette, puis note boisée-résineuse revigorante, sensation de glisse quand on étale. 

     

    PS après avoir réalisé ce pschitt, j'ai découvert que la formule précédente réalisée pour la même amie il y a deux ans n'était finalement pas très éloignée (voir ici). Personnellement, je préfère la lotion au gel car l'application est particulièrement plaisante, et le parfum plus présent. 

     



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    En regardant les photos prises lors de mon récent voyage en Asie, j'ai réalisé que beaucoup étaient liées au travail manuel: tisser, râper, sculpter, masser, plier, trier … des gestes du quotidien qui m'ont semblé accomplis dans la conscience du moment  et  avec la grâce du geste. 

    Une fois de plus, j'ai constaté combien, en Occident, nous avions la chance de pouvoir choisir: par exemple de prendre du temps pour faire nos savons maison… parce que le reste nous tombe souvent tout prêt et tout rôti. C'est donc un modeste hommage à ceux et celles qui ont peu de choix mais font ce qu'ils ont à faire avec une belle harmonie. 

     

      

    DSCN8393.jpgDans un temple à Luang Prabang, les feuilles d'or appliquées sur les statues sont des offrandes.

     


     

    DSCN8321Savant pliage… de billets, offrande de temple à Luang prabang

     


    DSCN8417 Sculpture d'une statue de bouddha (il faudra environ un mois pour en venir à bout) dans un village près de Pakse, au sud Laos. Ce sont des jeunes moinrs qui s'y collent, en musique souvent, d'où la grosse radio suspendue… 

     

     

    DSCN8348-copie-1

    Fleur de bananier, débitée menu en rondelles à main levée au marché de Luang prabang

     


    DSCN8491 Triage des piments dans un village du plateau des Bolovens, sud Laos

     


    DSCN8506Tissage en soie sur l'île de Don Khone, au sud Laos

     


      Je voudrais également évoquer la très belle rencontre faite à Champasak, dans le sud Laos avec Nathalie Bazin, une Française qui y a ouvert un merveilleux centre de massage. Elle a tout dessiné et fait faire sur place avec des matériaux locaux: mobilier, coussins, lvoilages, tenues de travail… Elle fabrique elle-même son huile de coco. Elle a engagé un maître de massage pour qu'il enseigne les techniques traditionnelles à de jeunes laotiennes. Son pari: arriver à lancer et à faire tourner le centre puis le laisser aux laotiens quand il sera devenu rentable. Elle a largué son boulot pour  monter ce projet avec ses économies et celles de son compagnon. On peut découvrir quelques images du spa sur son site ici.


     

    OR124951 Nathalie, dans la lumière tamisée de son spa (photo MC)

     




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  • http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Ikaos/boules331.gif

    L'idée: préparer une lotion évanescente et très parfumée à pschitter, une sorte de brume lactée dont chaque ingrédient ou presque apporterait sa note olfactive. J'ai donc eu l'idée de m'inspirer de la formule de la 18, à base de ricinion qui donne des textures très légères.


    J'avais mis en macération un cocktail d'huiles essentielles, après avoir réalisé un baume qui avait beaucoup plu, mais le mélange reste si âpre que je n'ai pu l'utiliser seul; je l'ai apprivoisé avec de l'ylang et du jasmin.


    Deux cosméteuses de talent m'avaient offert des préparations agrumesques au nez exquis, que j'ai utilisées en hydro glycériné et en macérat huileux. 


    J'ai également joué en résonnance avec les teintures et les hydrolats, mais finalement, j'ai dû couper un peu avec une eau très douce car le mélange était… trop concentré!  Le résultat: très fleurs blanches ylang d'abord, jasmin ensuite, d'où le nom, avec un infime soupçon d'amande (la teinture de fleurs de pecher) et un peu de rose qui vient ensuite (hydrolat et macérat). La texture: un lait coupé d'eau.  


    Je n'ai pas compté en pourcentages, car j'ai dû ajuster patiemment le parfum (Michèle, tu ne m'en voudras pas…  ). On peut s'en inspirer à l'infini bien sûr… 

      http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Ikaos/boules331.gif

     



    Spray de peau fleurs blanches d'Avril

     


    DSC01878.jpg(merci Irène pour la photo… )

     


     

    *40gtes HE  du mélange suivant (macéré au préalable):

     

    20gtes He camomille romaine

    20gtes HE encens (b. carterii)

    50gtes HE lavande vraie

    20gtes HE absolue feuilles violette

    10gtes He ylang extra        

    10gtes  HE tagetes minuta

    130gtes teinture benjoin


    *40gtes He ylang extra

    *20gtes HE jasmin  (Inde)

     

    *7g ricinion

     

    *10HG fleurs d‘oranger  (merci Lolitarose)


    *5 macérat d'orange dans coco fractionné (merci MLK)

    *10g macérat huileux de roses bretonnes

    *3g macérat de main de bouddha (agrume) dans olive


    *3g teinture de fleurs de pécher 2010

    *2g teinture de jasmin

    *5g teinture ginseng frais/rose


    *80g hydrolat de rose

    *25g hydrolat d’ylang


    *36g eau de glacier


    *0,5% geogard


    Making of


    *Verser les HE dans un becher stérilisé

    Ajouter le ricinion, touiller


    *Ajouter ensuite dans l'ordre des ingrédients cités,


    *Touiller régulièrement,


    *Mettre en vaporisateur.


    c'est tout.

     

    http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Ikaos/boules331.gif

    Pour un précédent essai, plus simple avec teintures de fleurs de pécher et  ginseng, voir ici

     

     



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    Les savons précieux pour le visage fleurissent ici et avec de très jolies recettes. Je voulais aussi inventer le mien. En quète de douceur, j'ai décidé de diluer la soude dans de l'aloes. Sans penser que j'avais du gel et non du jus au frigo. Le gel à boire est un peu moins ferme que celui en tube, mais enfin, ce n'est pas un exemple de fluidité.

     


    J'ai donc allègrement versé les perles de soude dans le gel -froid-, thermomètre en main pour surveiller la température. Quasiment en sifflotant (si je savais le faire). Pas pour longtemps. J'ai constaté aussitôt que les minuscules granules de soude restaient prisonniers du gel. J'ai d'abord envisagé de tout jeter… mais je me suis tout de suite demandée où et dans quoi mettre ce mélange bourré de soude en suspension. J'ai donc décidé de touiller pour voir ce que ça allait donner.

    Touille et touille.

    Température : 23 degrés…

    Le gel emprisonnait la soude sans qu'elle puisse se dissoudre.

    Touille et touille.

    Peu à peu les perles ont commencé à s'amenuiser… enfin, pas toutes. Test annexe: la prise de température: péniblement frisant le 25°. Je n'arrivais pas à la faire remonter. Le comble pour une savonnière!

     

    J'ai alors imaginé de tièdir légèrement la solution dans un bain marie. Peu à peu, la température a monté. Est-ce l'effet du touillage obstiné (j'avais largement dépassé la demi heure) ou celui du tiédissement du liquide? Les petites perles restantes se sont enfin estompées. J'ai fait glisser le liquide le long des parois transparentes du verre pour voir si j'apercevais des points blancs suspects: apparemment pas.

    Pour plus de sécurité, j'ai pesé 10grammes d'eau déminéralisée et versé très trèèes lentement le gel à la soude sur ce fond d'eau, en scrutant la moindre aspérité: rien… ouf


    Me retournant pour saisir le saladier renfermant les huiles, j'ai eu alors la joie de découvrir que tout avait figé. Damned! Trahie par le blanc de bœuf ! Il faut dire qu'on en était déjà à trois quarts d'heure de touillage pour le gel à la soude, que la température extérieure était hivernale et que je n'avais pas pensé une seconde à conserver les huiles au bain-marie.

     J'ai donc du tièdir à nouveau le mélange huileux, tout en veillant à ce que la soude ne refroidisse pas trop non plus. J'étais la seule à avoir chaud !


    Quand les deux parties ont atteint les 34-35°, je les ai enfin mariées… très vite. La trace est arrivée à la seconde, je n'ai pas eu le temps de dégainer le mixer. 

     

    Touille et retouille à la spatule. 

    J'ai longuement mélangé à la main pour assouplir le tout et être sûre que le mélange soit impeccable. J'avais prévu d'incorporer du miel, je l'ai fait avec une délicatesse de geisha. J'avais également préparé, pour colorer, un mélange d'ocre et de lait de jument, mais je ne l'ai pas utilisé. Le vert pâle de la pate était si exquis que je n'ai pas voulu modifier la teinte. Ne me restait plus que le  parfum à ajouter. Le CO2 de thé vert -présent dans l'ajout- se présente sous la forme d'une pate épaisse, assez peu soluble dans les huiles si on ne veut pas trop en perdre (ça colle aux bords de la cuillère) … encore une séance de touillage avant de pouvoir enfin emplir les moules.


    Prudemment j'ai attendu 36 heures avant de démouler. Le toucher est extrèmement doux, les savons sentent légèrement le géranium et le vert est d'un céladon evanescent.


    La prochaine fois, je me contenterai de jus d'aoles comme l'ont fait si bien Irène ou Nansou pour leurs pimpants savons sombrero

     

    DSCN8697.jpgNon, je n'ai pas sacrifié une feuille de mon aloes pour la photo, j'ai dû amputer la plante tombée lors d'une séance rempotage la semaine dernière. Le savon est un petit format.

     

    Huiles 


    C'est un savon prévu pour le visage. J'ai donc choisi des huiles et des macérats régénérants, cicatrisants ou anti inflammatoires, et privilégié des tons verts.


    blanc de bœuf 150g (pour la douceur du toucher)


    huile de nigelle (cumin noir) 20g (antiseptique, anti inflammatoire)


    huile de tamanu 27g (très réparatrice)


    huile d'olive 130g dont:

    -20 macérat de consoude thé vert

    -10 macérat de laurier (anti inflammatoire)


    huile d'avocat 43g (régénérante, cicatrisante)


    huile de rose musquée 10g (cicatrisante)


    huile de ricin 20g (pour les bulles)


     toco 500

     

    ce qui donne, sur Soapcalc:

    un pouvoir moussant et de bulles de 8

    et pour l'effet conditionnant 77

     

     

     Parfum et ajouts


    Dans 10g huile de périlla (très riche en oméga 3) :


    *4g He géranium bourbon co-distillé avec rose, l'HE de géranium est particulièrement bien tolérée (il m'arrive d'en utiliser pure à micro dose  sur le visage pour sa puissance cicatrisante). Co-distillée avec de la rose, elle a un parfum plus fin.


    * 1 pointe de couteau extrait CO2 de thé vert (anti inflammatoire)


    *0,5g extrait CO2 romarin (anti oxyant)

     

    *1/2 cuil à café de miel sauvage des forêts indiennes

     

    Liquide de dissolution

    130g gel d’aloes à boire+10g eau déminéralisé

     

    soude pour un surgraissage à 7-8

     

    Au bout d'une semaine, le ton pale n'a pas bougé.

     


     

     

     


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    Un vrai choc culturel…

    Je voulais marier deux ingrédients qui semblent à priori relever de deux univers différents:

    -du blanc de  bœuf, autrement dit un gras animal, mais très fin et déjà purifié,  made in Belgium, (merci à Moune et à Michèle)

    -une cire florale sophistiquée

     

     

    Je ne suis pas du tout fan de l'utilisation des graisses animales, mais j'ai promis à quelqu'un de faire des essais pour des savons  à réaliser en majorité avec des produit issus du règne animal.  (Dans un but tout à fait louable mais que je ne peux expliquer ici). J'ai donc pensé à lait, cire d'abeille, gras…  


    *En cherchant des informations sur les graisses animales, j'ai découvert notamment qu'il y a pas mal de différences d'un gras à l'autre. Ainsi le mouton aurait un pouvoir moussant et nettoyant supérieur (14 pour chaque caractéristique) )  à celui du bœuf (8), si l'on en croit soap calc.

    Pour être sûre d'avoir de la mousse ( j'en ai, des petits bulles très fines)  j'ai triché et ajouté de l'huile de coco.

     

       Comme je prévois peut être d'incorporer de la cire d'abeille en petite quantité dans mes futurs essais, j'ai choisi -pour le plaisir du parfum-  une cire florale non comptée dans les gras. 

    J'ai également ajouté du lait de jument (comptabilisé dans le liquide de dissoluton de la soude et versé dans les huiles)

    C'est donc un savon grand écart,  à la fois simple par le petit nombre d'ingrédients mais affiné par ses apports olfactifs.

    Pour diluer les HE, j'ai en effet utilisé des macérats odorants dans des huiles végétales car je n'ai pas encore eu le temps de fabriquer des macérats dans du gras de bœuf. Donc deuxième "tricherie" avec cet autre apport végétal, choisi également pour ne pas avoir un résultat trop dur.

    Redoutant un rancissement rapide, j'ai mis à la fois de la vitamine E et de l'extrait de romarin, anti oxydants. 


     DSCN8690.jpg

    Couleur soutenue de la cire de tubéreuse maintenue au chaud

     

    Huiles


    *350g gras de bœuf mis à fondre avec

     

    *140g huile coco

     

    *et 6 gelules de toco 500 (vitamine E) 

     

    *10g cire de tubéreuse fondue au bain marie, incorporée petit à petit quand les huiles ont fondu, en conservant la cire sur son bain marie éteint pour éviter qu'elle ne fige. 

     

    Liquide de dissolution de la soude


    *75g lait de de jument frais, incorporé tiédi aux huiles (pour eviter que ça ne fige trop vite)

     

    *100g eau de mer de Roscoff


    Soude 


    Surgraissage à 7-8 , calculé sans compter la cire

     

    Parfum


     *7g d'une création de Mlk (merci ma belle), un macérat menthe girofle melisse dans olive et coco fractionné

    *2g huile à la girofle maison (dans olive) 

    *3,5g HE ylang

    *5,5g HE girofle (clous)

    *extrait de romarin

     DSCN8692.jpgle savon photographié humide

     

     

    Couleur


    *1 cuillérée à café de rhubarbe en poudre (merci Moune) mélangée avec la pâte à la trace très fine, puis filtrée au dessus du saladier.


    *Comme je ne trouvais pas le résultat ssez soutenu, j'ai dilué  une  demi culillérée à café d'ocre rose (AZ)  dans un soupçon d‘eau avant de le délayer avec un peu de pate.


    Le résultat (au bout de quelques jours): un rose rouge un peu moucheté assez joli.


    Quant au parfum, il tient vraiment bien pour l'instant et on sent les deux notes ylang et girofle. Je pense que les macérats huileux parfumés ne sont pas étrangers à ce résultat olfactif.




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    Gingembre et galanga sont deux épices cousines, aux goûts relativement proches (avec une note plus "fraîche" mentholée pour le galanga), et aux vertus thérapeutiques souvent considérées comme voisines.

     

    A Paris, le gingembre (zingiber officinalis) est facile à trouver. En boutique bio, il vient surtout de Chine, du Cameroun (il est alors tout petit) ou du Pérou. Je me demande néanmoins si ça ne pourrait pas pousser en pays méditerranéen… Quand j'en achète, je choisis un rhizome dodu à la peau nacrée un peu brillante, j'en casse parfois discrètement une oreille pour vérifier qu'il n'est pas trop fibreux. Je le conserve à température ambiante.

    Le galanga, (alpinia galanga pour le grand galanga, alpinia officinarum pour le petit) ne se déniche que dans les épiceries asiatiques, au rayon frais. Il a des nuances rosées plus ou moins prononcées. En Europe, je suis souvent déçue par l'irrégularité de son goût, et je dois dire que j'achète plus facilement du gingembre. (Des détails sur le site Toil'd'épices ici)


    Ce qui est intéressant chez Hildegarde de Bingen, (avec ses recettes du XII° siècle quand même) c'est qu'elle distingue les deux. Elle propose de nombreuses formules à base de galanga pour soigner les fièvres et soulager (mais non guérir) les douleurs cardiaques et conseille plutôt le gingembre pour les problèmes digestifs. Aujourd'hui, le galanga est nettement moins cité dans les livres de phytothérapie occidentale que le gingembre.  


    Au Laos, j'ai plutôt dégusté le galanga dans les plats, en cuisine, et le gingembre dans les boissons.  

     

     

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      Dans un village du sud du Laos, épluchage d'un énorme rhizome de galanga.


     

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      Sud du Laos. Quand on sert du gingembre infusé, on ne lésine pas sur le nombre de tranches. La boisson est sucrée au miel.


    En Inde du sud, on sert aussi le gingembre chaud en infusion avec du jus de citron vert et du miel; un vrai régal qui requinque par grande chaleur.


    * un excellent moyen de sucrer une infusion ou du roiboos en profitant de l'effet tonifiant du gingembre: poser au fond de la tasse un petit morceau de gingembre confit avant de verser l'eau bouillante par dessus (délicieux également avec de l'angélique confite).


    *une préparation (personnelle) apaisante contre les douleurs d'estomac: dans une infusion de gingembre frais bien corsée (faire bouilloter 2 ou 3 minutes et reposer au moins 5) diluer 1 goutte d'He de menthe poivrée avec un peu de miel dans une petite cuillére et s'en servir pour touiller l'infusion. 


      * voir ici pour la recette de la décoction de gingembre-poivre noir-épices, super efficace pour enrayer une crève prise à ses débuts. 

     

     Des recettes avec du gingembre sur le blog

     

    *Le riz au lait gréco-thai: l'un de mes desserts favoris dans lequel je glisse toujours un morceau de gingembre frais taillé en batonnets. Recette ici

    *le chutney de citron aux épices avec du gingembre, ici pour la recette

     *La différence d'usage entre gingembre sec et frais ici 

     


    *La série des  trois  savons au gingembre: l'éveilleur ici   

    sa copine ici et le petit frère ici



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    J'ai voulu expérimenter pas mal de choses dans ce savon…

     

    Le nom vient d'un mélange d'huiles qu'on m'avait donné "l'ort vert "de la marque Hormeta (composé à 93% d'un mélange d'argan, bourrache, jojoba, germes de blé, soja, arnica, chardon,

    carthame et avocat, vitamines A, E, F et H, He de romarin et de cyprès). Je l'ai incorporé à la trace après y avoir fait macérer mon mélange d'HE parfumées. 

     

    J'ai trouvé ce nom très beau, je l'ai gardé et j'ai essayé d'en tenir compte pour composer le savon. Je voulais donc de l'or… à défaut un beau jaune, et du vert. 

     


    DSCN8629.JPGDeux exemplaires démoulés de frais

     

    Teintes

     

    Jaune

      J'ai ajouté à la trace fine des gouttes d'une teinture maison d'un jaune jaune d'or puissant réalisée avec des  graines de jasmin du Cap (gardenia jasminoides, trouvées ici). Elles sont utilisées au Japon notamment pour colorer les desserts. 

    Dans les huiles, ce qui m'évoque ce ton jaune d'or, c'est celle d'olive quand elle est puissante, ce qui est le cas des huiles d'olive (macérées ou non) intégrées à la recette. 

     

    Vert

    J'ai versé en deux fois la pate dans les moules. Dans la deuxième moitié, j'ai incorporé 3g de mica recif coral blue (TKB trading) qui vire au vert comme je l'ai déjà constaté avec d'autres savons (ici par exemple). J'aime beaucoup ce ton. Avec une base jaune soutenue, le virage au vert a été renforcé. 

    Dans les huiles: j'ai choisi un peu de pistache, et des macérations huileuses maison de vétiver (associé à la rose) et du laurier.

     


    Pour séparer les deux couches, j'ai fait  une tentative poudrée avec:


    -de la craie de Rügen (Skin care online).

    Je suis allée à Rügen il y a une quinzaine d'années. C'est une île du Nord de la Baltique, qui fut rattachée à l'Allemagne de l'Est jusqu'à la réunification. Elle a été la Deauville du Nord au début du XX° siècle, il en reste de spectaculaires casinos pontons sur la mer. Mais il y a aussi plein des églises baroques, des datchas champêtres, des fumaisons de saumons et de maquereaux près des plages (Michèle, tu adorerais) et lors de ma visite, des champs de blé mélés de coquelicots et de bleuets aussi beaux que dans un livre pour enfant. Rügen est surtout célèbre pour ses falaises d'un blanc éblouissant (sous le soleil, sinon c'est moins spectaculaire), encensées par les Romantiques allemands. J'ai été étonnée de découvrir qu'on pouvait en acheter des morceaux si je puis dire (C'est comme si on proposait des bouts de l'aiguille d'Etretat!) Sur le site allemand, cette craie est réputée bénéfique en masque pour les peaux sèches. On l'utilise aussi en peinture. 

     

    -de la terre noire des indes (AZ)

    qui m'a joué des tours car elle tache! J'ai attendu avant de publier ce savon pour savoir si ça séchait: oui, pas mal, heureusement

     

    Parfum


    J'ai voulu jouer la carte cardamome verte, j'en ai fait infuser (en poudre) dans le lait d'ânesse (encore merci Moune, tu vois qu'il a été bien utilisé)

    et en en mettant dans mon cocktail d'HE qui comprend donc (en grammes)

    5 cardamome

    10 muscade

    5 feuilles de curry

    5 bois de rose

    2 molle

    Un choix épicé, qui reste très discret au final.

     

    DSCN8688.jpgEn cours de séchage. A droite en bas, la bande blanche est due au saupaudrage de craie, à gauche, de terre noire


     Savon l’or vert 

     

    Liquide de dissolution de la soude

     

    100g lait d’ânesse tiédi et infusé à la poudre de cardamome. Après filtrage, il en reste 78g

    J'ai complété (à hauteur de 350g) avec de l'eau de mer de Roscoff.

     

    Huiles

     

    50g ricin

    300g coco

    150g beurre cacao

    100g pistache

    200g sésame

    200g olive dont :

    77g macérat vetiver+rose

    54g macérat de laurier

    21g macérat de ginseng frais


    Soude  pour un surgraissage à 7-8


    A la trace


    13g or vert Hormeta

    +26g d'un mélange HE, soit: 

    5 cardamome

    10 muscade

    5 feuilles de curry

    5 bois de rose

    2 molle (variété de poivre)

     

    Couleurs


    teinture de graines de jasmin du Cap

    mica coral reef blue

    craie de Rügen

    terre noire des Indes

     

     

       Autre expérimentation: le démoulage.


    J'ai fait sécher une première série 24h avant de la mettre au congelo et de la démouler; l'autre série a attendu plus de 48h (je l'ai également mis une demi heure environ au congélateur avant démoulage). 

    Au bout de deux semaines et demi de séchage, les savons de la première série ont une surface un peu tâchetée (comme s'il y avait eu une phase de gel) les seconds sont impeccables.


    Moralité mieux vaut cultiver la patience pour ne pas amocher ses créations savonnesques.

     



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