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    Vu d'en haut et de loin, c'est violet pâle… 

     

     P1220309.jpg

    Champs de lavandin, tôt le matin depuis une montgolfière (on en aperçoit une en contrebas)


     

    P1220321.jpgToujours vu depuis une montgolfière, mais plus bas…

     

     

     

    P1220324.jpgEncore plus bas… (près du village d'Ongles)

     

     

    De plus près les couleurs s'intensifient

     

    P1220411.jpgPlateau de Valensole

     


     

     

    Peu de temps avant son complet épanouissement où les fleurs vont tirer vers le gris, le lavandin affiche les teintes les plus intenses. C'est l'une des plantes reines de Haute-Provence, où il est maintenant exploité et distillé de façon industrielle. 

     

    Sur le plateau de Valensole, il y a au moins un distillateur, 

     

     


    P1220422.jpg

    Richard Gradian, le distillateur à l'ancienne

     

     

    (et peut être plus d'un, mais je n'ai pas l'information) qui travaille encore à l'ancienne. C'est à dire qu"il laisse sécher les gerbes coupées, sur place entre les rangs, pendant trois ou quatre jours avant de les enfourner dans l''alambic.


     

    P1220424.jpgLa distillation 2011 n'a pas encore commencé. Le distillateur a gardé des gerbes séches de l'an dernier pour alimenter les premiers feux

     

     

    Après la distillation, les gerbes qui ont donné leurs parfums sont récupérées et serviront de combustible pour la distillation suivante. Chaque distillation dure une heure environ avec  5000l d'eau pour 700 à 800 gerbes de 3kg environ. L'hydrolat n'est pas récupéré. L'HE est mise en bouteille et vendue souvent au fur et à mesure après les distillations. (Je n'ai pas pu hélàs en acheter. La boutique était dans le village même et le temps manquait cruellement…)

     

    Aujourd'hui, en revanche, quand ils sont exploités à grande échelle, les lavandins frais coupés sont livrés en camion, balancés direct dans les alambics. L'He et le parfum obtenus sont bien moins intéressants.


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    Suite et fin…  J'avais déjà évoqué l'extraction de l'absolue que j'avais découverte lors d'une visite à Grasse, voir ici. J'avais fait des photos car c'était spectaculaire. En Turquie, la quantité traitée est plus grande, le matériel, plus volumineux, ne laisse pas découvrir le moindre pétale. J'ai donc rangé mon appareil.

     


     

    P1220105.jpgOn aère les roses pour mieux les sécher avant de les utiliser

     

    La méthode est identique. On mélange des roses très fraichement cueillies, sans trace d'humidité avec de l'hexane, un hydrocarbure.

       

    Pourquoi l'hexane, solvant délicat à manipuler car très volatil et très inflammable (on éteint sa cigarette, SVP) et pas un autre produit?


     L'hexane, disent les pro, extrait assez de molécules pour qu'on puisse s''approcher du parfum d'une rose, plus que ne le permet une distillation à la vapeur d'eau. C'est pour cette raison d'ailleurs que l'absolue sent plus la rose que l'HE.


    En Turquie, on compte 500kg de pétales pour 2000l de solvant avec lequel on va laver trois fois les fleurs. On distille 90% de cet hexane et on concentre le reste sous vide, ce qui permet d'obtenir la concrète, mélange pâteux de cire et d'absolue, que l'on va purifier de l'hexane restant.   

     

    Etape finale:  extraire l'absolue de la concrète. On la distille avec de l'alcool à 95 puis on refroidit très fort, on filtre et on redistille pour éliminer l'alcool résiduel. On obtient 600g d'absolue pour 1 kg de concrète, le reste est la cire florale de rose. L'absolue est un produit plus fragile que l'HE. J'ai  appris que mieux valait la garder au froid.


    Son parfum très net, sans fioriture, correspond à l'idée que l'on se fait de l'odeur d'une rose.


     

    P1220119-copie-2.jpg

    L'absolue, sombre, l'huile essentielle  très pâle, et au premier plan, un petit pot de concrète

     

     

    Il faut 400kg de pétales pour obtenir un kilo de concrète et donc 600g d'absolue, bien moins que pour obtenir la même quantité d'HE. L'absolue de rose de Damas est un peu moins coûteuse que l'huile essentielle, même si l'hexane et les différentes manipulations ont un coût. De même que l'on recycle l'eau de rose des distillations, on réutilise l'hexane pour des extractions ultérieures.


    Le mot absolue (ou absolu, on trouve les deux orthographes) vient de l'expression "essence absolue" soulignant une caractéristique du produit: il se dissout complètement dans de l'alcool éthylique.

     

     

    Des liens


    Sur le procédé: ici


    Sur les solvants: article de vulgarisation très clair ici


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    on distille les pétales à la vapeur d'eau en deux temps pour obtenir l'huile essentielle.

     

    P1220108.jpgAlambic de cuivre à l'ancienne, il ne sert plus.

     

      Il existerait encore un ou deux vieux paysans distillant les roses à l'ancienne, dans un petit alambic de cuivre. Comme j'ai eu la grande chance de rencontrer par hasard sur place un érudit en  matière de distillation, je ne me  suis pas privée de le bombarder de questions.

     

     

    La distillation à l'ancienne, telle qu'on la pratiquait jusque dans les années 60.

     

    On verse dans un alambic de cuivre de l'eau de source et des roses fraîches (15kg de fleurs pour 45kg d'eau) et on chauffe au bois. La vapeur dégagée est condensée et recueillie; dès qu'on a distillé 8kg d'eau, ce qui prend environ trois heures, on arrète de façon à pouvoir rincer plus facilement la cuve de ses pétales.On recueille 20% d'huile essentielle, à ce stade, un liquide un peu épais et foncé. 

     

    Puis on redistille l'eau chargée de molécules odorantes, trois heures à nouveau, pour  extraire le reste d'huile essentielle, un liquide bien plus pâle et fluide. On assemble les deux extractions successives au final.

     


    Aujourd'hui

     

    P1220111.jpgUne partie de l'appareil à distiller au premier plan et au fond, la provision fraiche de roses

     

    Le processus reste le même, mais les appareils ont changé. Ils sont bien plus volumineux et  fabriqués en acier. On utilise 1300kg d'eau pour 700kg de roses.

    On arrète la distillation à 500l d'eau. On recueille à ce stade une première fraction d'huile essentielle, -les molécules les plus lourdes sortent en premier-, dans un essencier, en veillant à conserver la température à 30° environ pour eviter que les paraffines présentes ne figent.

     

     

    P1220114Le disque foncé au dessus de l'hydrolat est la fraction d'HE obtenue lors de la première distillation.

     

     

    Puis on redistille dans un autre appareil pour extraire les molécules les plus légères de l'eau de rose encore saturée. Au final, on réunit les deux fractions successives d'HE comme on le faisait déjà avant.

    On obtient 1 kg d'HE pour 4 tonnes de fleurs, mais il en faut parfois plus, jusqu'à 7 tonnes.

     

    Le parfum d'une HE de rose turque


    Elle devrait avoir une note de liqueur de griotte, légèrement sirupeuse. La nuance alcoolisée (jusqu'à 3% d'éthanol au final) fait la typicité de cette HE. (Les roses bio distillées auraient, elles, une note plus métal).


    Pour obtenir cet accent alcoolisé, on laisse légèrement fermenter les roses fraiches en les conservant enfermées dans leur grand sac de cueillette matinale jusqu'à la distillation qui ne démarre qu'à 13 heures. En fait, ce sont les habitudes traditionnelles qui ont instauré cette façon d'agir. Quand il y avait trop de roses récoltées, elles devaient attendre leur tour de passage dans l'alambic, parfois très, sinon trop, longtemps… C'est ce qui est à l'origine de cette senteur particulière, aujourd'hui recherchée, et devenue la caractéristique de l'HE de rose turque.

     

     En Bulgarie en revanche (je n'y suis pas encore allée), on distille les fleurs dès 8 heures du matin, et le parfum obtenu est à la fois plus fruité et plus floral. Il a vraiment ma préférence. Je trouve l'HE turque nettement plus herbacée.

     

    L'alcool présent dans l'HE la rend très légèrement soluble dans l'eau, à hauteur de 0,4g/litre.

     


    Suite et fin de l'épisode des roses turques avec le prochain article consacré à l'absolue.

     


     


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    … il y a de véritables champs de roses.


     

    P1220079.jpgEn arrière plan on aperçoit le lac de Burdur

     

    C'est le territoire des damascena qui apprécient l'altitude, les sols un peu caillouteux et bien drainés et surtout un petit vent qui sèche vite les feuilles entre deux averses (fréquentes au printemps), ce qui limite les maladies fongiques. "La rose aime la fraîcheur" disent les spécialistes. Ces conditions favorables se retrouvent en Bulgarie dans la région de Kazanlak.

     

    Non loin d'Isparta, aux alentours des lacs de Burdur et d'Egyrdir prolifèrent donc des petites propriétés qui font de la polyculture (roses, mais aussi tomates, arbres fruitiers ou même pavots blancs pour la pharmacie). La récolte des roses dure un mois environ. Cette année, elle a débuté le 16 mai, avec près de deux semaines de retard. 


     

    P1220081.jpgRose chiffonnée par la brise en sa belle maturité. Rose se dit gül en turc (et gulab, pas très loin,  en hindi… ).

     


    Prètes à être cueillies, les roses au cœur jaune sont bien roses. Quand leur couleur pâlit, c'est trop tard. Les bourgeons sont les plus gorgés d'huile essentielle, mais on attend qu'ils s'épanouissent un peu, sinon, les rendements seraient vraiment trop faibles. Il faut  compter de 6000 à 7000kg de fleurs pour un kg d'HE bio.

     

      P1220086.jpgLes fleurs sont entassées dans de grands sacs au fur et à mesure

     

     

    Des saisonniers nomades -beaucoup de femmes- ramassent.Ils sont payés au poids. La technique: couper nettement en pinçant la tige juste sous la fleur. La récolte doit être menée très régulièrement. Les arbustes qui peuvent vivre 70 ans conservent ainsi leur vigueur et  les pétales leur richesse en parfums.


    La région attire les amateurs de rose: des firmes de Grasse comme Robertet, des  producteurs d'huiles essentielles tel Biolandes; Lush s'y fournit en absolue de rose et Weleda y a converti une bonne centaine de producteurs à la biodynamie. On voit donc de nombreux insectes folâtrer sans souci.

     

    Toutes les roses ramassées le matin doivent être traitées dans la journée. Les fleurs sont entassées dans d'énormes sacs.

     


    P1220090.jpgSacs au pesage

     

    Si elles sont utilisées pour obtenir de l'huile essentielle, les roses resteront enfermées dans ces sacs jusqu'à 13h, début de la distillation. Elles démarrent ainsi une légère fermentation qui va jouer sur le parfum, particularité de la méthode  turque.

     

    Pour l'élaboration de l'absolue en revanche, on veille à ne pas laisser fermenter et on aère les fleurs jusqu'au début de l'extractionc

     

    Affaire à suivre donc, pour la distillation de l'He et l'extraction de l'absolue…

     

    et spécial dédicace à Mlk:

     

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    oui, je me suis roulée dans les pétales…

     

     



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    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/rose_04.gifJ'ai eu récemment la chance de voyager au pays des roses turques, dans la région d'Isparta, près des monts Taurus.


     

    P1220097On y cultive à grande échelle des roses de Damas, très parfumées, utilisées pour produire huile essentielle, absolue et hydrolat.

     

    Avant de raconter ce que j'ai appris des techniques d'extraction du parfum, un petit tour dans la ville d'Isparta, qui voit vraiment la vie en rose.

     


     

    P1220124.jpgLa ville croûle en effet de boutiques qui déclinent la rose de toutes les manières…


     

     

    P1220127.jpgLotions et crèmes réunies en paquets cadeaux sont présentés dans des nuages de tulle… rose bien sûr

     


     

    P1220166Il y a des produits miracle en solde (sur fond de confiture de rose)

     

     


     

    P1220154.jpgOn a vraiment l'embarras du choix: des vitrines comme celles-là, on en découvre des dizaines



     

     

    P1220156.jpgEt même les patisseries jouent le jeu du rose ( bonnes idées pour des savons kitsch?  )

     


     

    P1220169.jpgJe n'ai pas eu le temps d'y goûter…


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    J'ai eu la grande chance d'être à Bangkok pour la fête des lumières (Loy Krathong) qui marquait traditionnellement la fin de la saison des pluies, le jour de la pleine lune du douzième mois lunaire. Aujourd'hui encore, elle est très suivie en Thailande

     


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    Pour honorer les esprits de l'eau, à la tombée de la nuit, on jette dans un fleuve, la mer, un lac… une offrande, (le krathong) composée de fleurs, avec une bougie, trois bâtons d'encens, parfois une pièce de monnaie. Elle va emporter avec elle péchés et soucis de l'année… On fait aussi des vœux en jetant le frèle esquif au fil du courant. (ici au bord du lac du parc Lumpini) 

     

     

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    On achète parfois le krathong déjà fait : ici, l'un de mes préférés, réalisé avec des fleurs  de lotus fraîches, aux pétales soigneusement pliés.

     


     

     

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    Mais on peut assembler son krathong soi-même. Les jours qui précèdent, visiter les marchés aux fleurs -qui proposent de quoi confectionner  les offrandes, ou des réalisations finalisées- est un donc un vrai bonheur.

     


     

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    Les feuilles de palmiers sont travaillées de multiples façons



     

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    … encore des feuilles de palmiers savamment pliées. Le socle est traditionnellement taillé dans des fibres végétales (bananier par exemple) qui peuvent flotter sur l'eau.  Elles sont biodégradables mais parfois remplacées par du polystyrène qui l'est moins

     

     

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    Parfois, le socle est en pâte à sel: les poissons adorent et les dévorent à toute vitesse, ce qui fait sombrer le krathong…

     


     

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    Le kitsch n'est pas oublié: fleurs réalisées avec des pétales d'anthurium

     


     

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    Le loy krathong c'est aussi le moment de la fête du temple de la Montagne Dorée (wat Saket) à Bangkok, drapé de rouge pour l'occasion…

     


     

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    Les fidèles tournent autour du stupa au moins trois fois en priant et en faisant des vœux, accrochent des billets (en baths … ) sur des guirlandes (on les aperçoit sur les photos) et signent de leur nom sur le drap rouge.


    C'est planant à contempler au crépuscule, d'autant que le temple surplombe la ville…

     

     

     


     



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  • Lors de mon précédent voyage en Thailande, j'avais pu découvrir des savons façonnés en forme de fleurs. La technique s'inspire directement de la tradition de sculpture de fruits et de légumes. J'ai eu cette fois le privilège de rencontrer des virtuoses.

     

     Il faut environ un mois d'entraînement pour apprendre à vraiment maîtriser un nouveau motif… 

    On a du pain sur la planche.

    Un outil: un petit couteau à lame recourbée.


     

    P1200704.jpgLe socle consiste en un entrelacement de feuilles de palmier

     


     

    P1200705.jpgOignons et carottes. Le bouquets sont vaporisés régulièrement pour conserver leur fraicheur

     


     

    P1200711.jpgSculpture d'un oignon à main levée…

     


     

    P1200706.jpgRoses en betterave;  les feuilles sont sculptées dans du concombre

     


     

    P1200707.jpgje pense que c'est de la papaye verte, mais je n'en suis pas sûre à 100%…

     

    On trouve de nombreuses videos sur You Tube autour de l'art du kae sa lak (ou lok), réservé  à ses origines au XIV°siècle à la cuisine royale thai.

     

    Au delà de la dextérité du sculpteur, intervient aussi son sens artistique. J'aime bien la grâce plutôt dépouillée et pas trop ostentatoire des bouquets de légumes ci-dessus.  

     

    Liens

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/bariole/bariole_15.gifUn site en anglais avec des exemples de sculpture sur végétaux mais aussi sur savons voir ici 

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/bariole/bariole_15.gifSur Culinotests, un blog que j'adore mais dont j'ai ôté le lien car désormais Caroline publie surtout ailleurs: comment détourner la technique pour tailler artistiquement des frites: irrésistible c'est ici

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/bariole/bariole_15.gifD'autres exemples, certains kitschissimes ici (c'est un site marchand, mais les photos de découpes de fruits sont incroyables, notamment les palmiers!)


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    A mon arrivée dans un hôtel de Bangkok, on m'a offert un "butterfly pea tea" de bienvenue d'un bleu si incroyable que je me suis aussitôt renseignée sur l'origine de cette couleur magnifique, purement végétale, ai-je découvert.


     

    Elle provient d'une fleur de la famille des fabacées (ex légumineuses), la clitorie de Ternate (ou pois bleu, pois savane,etc…  en latin clitoria ternatea) du nom de Ternate, une île des Moluques. C'est une plante grimpante tropicale à la pousse rapide comme celle d'une liane, plutôt grèle ((style jasmin), très riche en anthocyanes, pigments anti oxydants (et sensibles au pH, je prévois des essais kamikaze dans les savons). Les fleurs fraîches sont utilisées traditionnellement pour réaliser des collyres anti inflammatoires, séchées, pour teindre la nourriture, dont le riz, en bleu. Les feuilles, la racine et les graines ont également des propriétés médicinales. 

     


     

     

    P1200829.jpgJ'ai déployé une certaine ténacité pour en trouver à Bangkok…

     

     

     

    Mes premiers essais dès le retour à la maison

     

     

    http://safran2b.pagesperso-orange.fr/SmiliesKaos/pompom-bleu-fonce.gifEn tisane, au goût  très discret. les fleurs sont inodores.

     


    P1200822.jpgLe verre est embué car j'ai versé le liquide chaud. Il était servi frappé avec des glaçons en Thailande

     

     

     

    http://safran2b.pagesperso-orange.fr/SmiliesKaos/pompom-bleu-fonce.gifAvec du riz arborio

     


    P1200827.jpg

    La teinte obtenue est pastel

     

     

     

    J'ai  cuit le riz dans une partie de la tisane, ôté un peu de liquide en cours de route pour concentrer, sucré à la fin au sirop de kittul, j'ai rajouté des myrtilles séchées pour faire un ton sur ton et, au final décoré d'une fraise séchée (j'en ai trouvé sur un marché près de Bangkok).


     

    J'ai eu la chance de croiser un pois bleu en pot sur mon chemin en déambulant

     

    P1200791.jpg

     

     

     

     

     

    Liens

     

    P1200598.jpgL'heure bleue à Bangkok: coucher de soleil sur le wat Arun

     

     


    Voir ici pour des détails botaniques

     

    Voir ici un riz bleu

     



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    P1200307

      Tout droit et loin, au bout du bout de l'horizon, l'Islande…

     

    Ona est une toute petite île au large de Molde en Norvège. On y pèche le homard en saison, et des céramistes s'y sont installés. L'île est très touristique en juillet août, mais à peine une trentaine d'habitants y vivent à demeure.  

     


    P1200324.jpg

      La lumière changeante métamorphose d'une seconde à l'autre l'atmosphère en illuminant les facades colorées des maisons de bois

     

    J'ai eu la surprise d'y découvrir des buissons  de rosa rugosa qui servaient de haies fleuries.


     

    P1200315.jpg

    Ce sont les fruits des rosa rugosa qui ont d'abord attiré mon regard

     

    De retour à Paris, en faisant quelques recherches, j'ai appris que les rosa rugosa se plaisaient tant dans les régions maritimes nordiques, en Scandinavie notamment, qu'on les considérait désormais comme invasives et qu'on  déconseillait d'en planter car elles prenaient la place d'espèces endémiques.

     


      P1200316.jpg

    Au premier plan, un massif de rugosa

     

    A Ona, bien entretenues, elles semblaient en tout cas ne pas être détestées par les quelques habitants de l'île…

     

     

     

    Il y a de très beaux massifs de rosa rugosa… à Paris près de l'eglise Saint Eustache. voir ici

     

    P1200299.jpg

    Le phare d'Ona

     

     

    Un article sur les jardins de phares des îles de Norvège (Ona possède un très beau phare que l'on peut visiter)

    voir ici  en pdf (p.11-12 évocation des rosa rugosa)

     



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    DSCN8725.jpg La variété des algues de Traon Erc'h (et de la plage coisine de la Grande Grève, mieux préservée), est magnifique

     

     

    En me baladant  à Traon Erc'h (prononcer "traouer"), ma plage préférée à Roscoff, là où viennent frayer crabes et étrilles et où l'hiver se posent les oies bernaches, j'ai eu la mauvaise surprise de découvrir que les algues vertes avaient gagné beaucoup de terrain. 

     


    DSCN8731.jpg

     

    Bien sûr, je ne peux porter une accusation frontale, sans preuves établies…


      DSCN8713.jpg

    Vue des travaux du port en eau profonde de Roscoff depuis Traon Erc'h

     

    Mais il se trouve qu'un port en eau profonde est en train d'être aménagé (pour plus de 600 voiliers, est-ce bien nécessaire, sauf pour arrondir la cagnotte de ceux qui n'en n'ont pas nécessairement besoin?) et que Traon Erc'h se trouve très très près…

     

    DSCN8716.jpg

    Deux bateaux de Brittany ferries près des travaux

     

    Le futur port va prolonger le débarcadère des bateaux de Brittany ferries qui relient la Bretagne à l'Irlande et à l'Angleterre. Mais ce projet élargit vraiment la zone, située en baie de Morlaix, un site Natura 200O qui classe les zones maritimes à préserver. La zone du port n'est hélàs pas classée… 

      DSCN8732.jpg

    A Traon Er'ch, je n'y ai quasiment plus vu d'anémones de mer, mais, en masse, des lièvres de mer  ou aplysies, (sortes de grosses limaces noires) mortes  dans un fond d'eau. 

     

    Comme la dyamite est utilisée sur le chantier -on doit faire sauter 25000 m3 de rochers!! (une  catastrophe annoncée pour les oiseaux et les herbiers… )- j'ai d'abord  supposé que les ondes de choc avaient tué ces limaces (que par ailleurs on voyait très peu jusque là) mais j'ai découvert qu'il y avait eu ces dernières années des invasions d'aplysies sur les côtes atlantiques. D'où viennent-elles?  La prolifération d'espèces de ce genre (comme celle des méduses par exemple) n'est pas forcement bon signe; ce peut être un indicateur de la diminution de la biodiversité.

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/poissons/divers/poiss_divers_34.gifGros coup de blues donc, … conforté avec la lecture d'un livre qui vient de sortiret que je recommande vivement à tous ceux et celles qui se soucient de la biodiversité, notamment celle des océans:


    Taras Grescoe: la mer engloutie: Le poisson de nos assiettes aura-t-il la peau de la planète? (éditions Noir sur Blanc).

    Le titre en VO est plus pessimiste : How  the fish on our plates is killing our planet (sur le livre, voir le site en anglais ici)

     

    Journaliste canadien,Taras Grescoe a mené l'enquête là ou le poisson et les crustacés sont péchés mais aussi élevés (souvent mal) : Japon, Colombie Britannique, Portugal, Bretagne, etc. Les pages consacrées à l'élevage des crevettes sur la côte du Tamil Nadu, en Inde, qui ravagent le paysage et empoisonnent les habitants décourageront les plus insensibles des amateurs de shrimps et prawns. Ça se lit comme un roman, car Grescoe est un gourmand et n'a pas l'œil dans sa poche. (J'avais adoré son enquète précédente, publiée en français par  la même maison d'édition: Le pique nique du Diable )


     Taras Grescoe donne à la fin du livre la liste de ce qu'on peut encore manger les yeux fermés ou presque, parce que certaines espèces ne sont pas menacées, qu'elles ne sont pas chargées en mercure ou en pesticides et qu''elles ont été péchées de façon durable: harengs, sardines, maquereaux, certains poissons de ligne, crevettes nordiques, calamars, poulpes, huitres, moules… il reste largement de quoi se régaler.

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/poissons/divers/poiss_divers_34.gifLiens

     


    Le projet du port de Roscoff en eau profonde   ici


    Le siteNatura 2000 de la baie de Morlaix (on aperçoit la toute petite zone non incluse près de Roscoff)  ici


     Un article de Ouest France sur le sujet ici


    La demande de l'association Bretagne Vivante-SEPNB d'arréter le projet, récemment déboutée ici


    Mais elle ne baisse pas les bras: voir ici

     

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/poissons/divers/poiss_divers_34.gifEt en anglais, (pour la traduction du nom des poissons en français, cliquer sur l'onglet infomation)  la liste des produits de la mer que l'on peut consommer en Europe clic ici

    (site de fishonline, indiqué dans le livre de Grescoe, créé par la MSC, Marine Conservation Society, une ONG britannique).


    Edit: une autre liste en français dressée par l'association Mr Good fish clic ici


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