• Tests en tous genres

     J'ai découvert la garance indienne (rubia cordifolia) en potassant un merveilleux bouquin offert par de non moins merveilleuses copines. Le monde des teintures naturelles de Dominique Cardon (Belin) est un fascinant pavé de près de 800 pages consacré à toutes les substances tinctoriales utilisées au fil du temps.  

    J'ai cherché beaucoup dans les rouges, particulièrement difficiles à mater en savonnerie car beaucoup sont sensibles au pH et virent hélàs au marronnasse avec la soude, même s'ils sont au départ du plus bel écarlate.

    Autre obstacle: beaucoup de ces ingrédients naturels, d'abord destinés à teindre des matières textiles nécessitent l'emploi d'un "mordant" (qui va de l'alun à l'urine) pour pouvoir prendre et se fixer. Technique difficile à transposer en savonnerie. 

    Au détour d'une page, je me suis arrêtée à la légende d'une photo évoquant l'utilisation de la racine pilée de la garance du Sikkim (une proche cousine de la garance indienne) pour avoir du rouge, sur un fond jaune curcuma qui booste la  couleur;  sans trop chercher plus loin, je me suis dit pourquoi ne pas tester? 

    J'ai alors découvert qu'AZ vendait de la garance indienne sous le nom de manjistha. J'ai préparé une infusion corsée de manjistha et de curcuma pour dissoudre la soude et tester dans un savon, sans résultat probant. J'ai obtenu un joli beige. 

    Poursuivant mon enquête, j'ai vu que la manjistha s'utilisait aussi en macérât huileux et surtout qu'il avait toute une gamme d'applications thérapeutiques. En dermato,  de nombreux blogs en font l'éloge pour clarifier le teint, l'unifier, atténuer les cicatrices d'acné. 

    J'ai donc préparé une macération huileuse pour faire d'autres tests.  Mais comme j'ai ajouté des ingrédients précieux, je n'en n'ai pas (encore ) mis dans des savons, mais dans un baume et une crème dont je reparlerai bientôt.

    Le savon à l'infusion de manjistha

    400g d'huiles:

    olive 200g,

    coco 112g

    ricin 28g

    blanc de bœuf 40g

    karité 20g

    1 cuil à café de crême fraiche dans les huiles

    6 gélules de vitamine E

    10ml de fragrance sorbet citron (agréable mais pas convaincant pour la fidélité au nom)

    infusion de garance indienne et de curcuma frais dans de l'eau déminéralisée 131,

    soude (surgraissage 8-9) , filtrer le mélange au dessus des huiles. 

    Le rouge brique est obtenu avec… de l'ocre rose d'Italie.

     

    Madame manjistha, la garance indienne

     Les pâtes, à la trace moyenne, ont été coulées l'une après l'autre dans le moule incliné

     

    La macération huileuse de manjistha

    200g d' huile de sésame bio

    15g de poudre de racine de manjistha 

    5g de poudre de nard 

    10g d'encens d’Oman écrasé au mortier

    3 gelules de vit E+2 gtes d'extrait CO2 de romarin 

     

    *Chauffer le mélange au bain-marie (je l'ai fait trois fois par tranches de deux heures) 

    *Laisser déposer un jour avant de filtrer: de rouge sombre opaque, l'huile devient orangé translucide.

    Madame manjistha, la garance indienne

    Dans ce macérat, j'ai associé à la garance indienne des ingrédients anti-inflammatoires,  réparateurs et parfumés

     

    *La manjistha appartient au vaste répertoire des plantes ayurvediques. Pour son utilisation médicinale en ayurveda, la médecine traditionnelle indienne, voir ici (en français, simple mais bien fait même s'il s'agit d'un site de vente,). 

    *Un excellent résumé scientifique (en anglais) de ses multiples propriétés, (dont anti-oxydantes, anti inflammatoires, hémostatiques, anti radicaux libres)  ici. Les préparations se font, selon les applications, en phase aqueuse, en phase huileuse (avec du ghee, beurre clarifié notamment). Ce sont surtout les racines qui sont employées, mais les feuilles servent aussi. 


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  •  

    Le ciste est une plante médicinale, mais elle n'est pas citée en tant que telle dans les livres de phytothérapie, ce qui est surprenant. On parle bien plus de son huile essentielle, de l'hydrolat, ou de la résine qui en est extraite, le labdanum. 

    .

     

    Ainsi, Jean Michel Morel (in: traité pratique de phytothérapie, probablement le livre  français le plus pointu sur le sujet) ne cite que l'HE (pour ses propriétés hémostatiques).

     

    Le petit larousse des plantes qui guérissent n'en parle pas, pas plus que le Vidal de Phythothérapie, ou les deux tomes de phyto (les plantes qui nous soignent et Plantes médicinales)  de Jacques Fleurentin. 

     

    J'en ai uniquement trouvé mention dans le dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France de Paul-Victor Fournier, véritable bible de la phyto datant de 1947 et rééditée récemment (en 2010) dans la collection Omnibus. Fournier (1877-1964) était un chanoine, fou de plantes, merveilleux herborisateur et son gros livre (plus de 1000 pages dans la réédition) qui en répertorie 1500 est d'une précision de… bénédictin. 

     

    Il n'évoque le ciste  que pour l'extraction du labdanum, précisant les deux variétés de cette gomme-résine.L'une est extraite du ciste de crète et l'autre d'Espagne.La première (voir le lien ci-dessous) est ramassée directement en peignant les chèvres qui se frottent aux buissons résineux;  la seconde s'obtient en faisant bouillir les rameaux dans de l'eau. Cette gomme était utilisée, explique t'il, comme "médicament nervin, stimulant, astringent, hémostatique et révulsif". Il entrait dans la composition du "baume hystérique", (formule, qui fut inscrite au codex de Paris ici) de "l'emplâtre contre la rupture (pas les sentimentales, mais les hernies infantiles… formule ici)" ajoute t'il soulignant qu'on ne l'utilise plus en raison de la difficulté à l'obtenir pur.


     

     ici sur la production de labdanum en Crête. (Ne pas rater les photos des chèvres imbibées de résine… ) 

     


    Néanmoins voici quelques liens trouvés sur internet à propos de l'usage de la plante (et non de la résine) en phytothérapie. Dans tous les cas, en externe pour la peau, ce sont les feuilles qui sont citées, et non les fleurs. En interne, la plupart du temps: les feuilles (pour les liens que je donne). J'ai trouvé quelques recommandations pour les fleurs en interne, en vertu de leurs propriétés anti oxydantes, mais l'indication reste rare. 

     

    ici: 

    (variété helianthemum canadense) en anglais

    Entre autres: pour soigner diarrhées, scarlatine, pbs de peau, irritations de la gorge ou de la bouche, soin des yeux. Emétique (=vomitif)  à forte dose.

     

    ici

    (4 variétés évoquées: ciste de Montpellier, ciste à feuilles de sauge, ciste à feuilles de romarin, ciste velu, nom vernaculaire (=local): mellia) site de phyto tunisien. 

    "Usage externe : Traitement des blessures, morsures et brûlures.

    Usage interne : dépurative."


    ici

    (variétés: ciste de Crète et de Montpellier) en anglais.

    Panégyrique du ciste  en infusion pour sa puissance antioxydante liée à sa richesse en polyphénols,  et son action de chelation des métaux lourds (c'est un site de vente… ). L'éloge s'appuie sur diverses études scientifiques allemandes.  

    Prudence en interne, le ciste ayant par tradition la réputation d'être vomitif à haute dose.

    Son action sur la peau en externe est également longuement évoquée.

     

    Si on la classe dans la phytothérapie, l'hydrolathérapie  s'y intéresse, aussi bien le livre de Lydia Bosson que celui de Suzanne Catty y font référence. Sont citées, avec extraction à partir des feuilles : les propriétés astringentes (pH très bas), cicatrisantes, virales, anti microbiennes, anti ride et de regénération cutanée. Des utilisations en interne en gynécologie sont aussi évoquées. 

    Plus le texte d'Aroma zone: ici)

     

    En elixir floral, une cistacée (Helianthemum Nummularium ou rock rose, nom du ciste en anglais) est le remède de ceux qui pensent se trouver dans une situation sans issue et s'en desespèrent avec panique ou angoisse extrème. Rock rose entre d'ailleurs dans la composition du Rescue, le remède d'urgence du Dr Bach. 

     

    Dans les répertoires homéopathiques, seul le cistus canadensis est cité.

     

    PS on dit le ciste (au masculin) quand il s'agit de la plante.  La ciste designe une corbeille.

     


     

    P1000694.jpgTous les cistes ne Fourni ne dégagent pas la même odeur. J''ai remarqué que ceux qui avaient des feuilles foncées (comme sur cette photo) et qui étaient très poisseux, donc gorgés de résine, restaient bien parfumés au séchage. 

     

    Expériences personnelles

     

    J'ai déjà parlé du ciste à plusieurs reprises sur ce blog, surtout à mes retours de Fourni. Voir ici ou ici

     

    Je fabrique très très régulièrement un baume qui favorise la cicatrisation à la vitesse de l'éclair en utilisant la teinture (couplée à celle de labdanum) et non l'HE. L'He me semble cicatriser presque trop vite les bobos en externe.

    Par ailleurs, j'incorpore régulièrement de la teinture de ciste dans les sérums anti décrépitude pour le visage ( par exemple  ici ).

     

    J'ai fait de nouveaux tests cette année en Grèce. Les deux plus probants:


    J'ai frotté une coupure au doigt qui saignait avec une feuille fraiche de ciste: arrét immédiat du saignement puis cicatrisation très rapide en refrottant la plaie à deux ou trois reprises encore.


    J'ai appliqué une infusion (à très petites doses) de feuilles de ciste et de pétales de rose rouge: apaisement quasi immédiat de démangeaisons recurrentes. On recommence quand les démangeaisons reprennent.

     

    La note ambrée

     

    il existe de nombreuses variétés de ciste. Je mise  sur celles gorgées de soleil; ce sont les plus riches en labdanum, résine repérée -et étudiée- pour ses multiples vertus depuis l'Antiquité.

    Le ciste ramassé à Fourni en renferme probablement beaucoup car les feuilles séchées exhalent un merveilleux parfum à la fois chaud, légèrement fumé et résineux. Pour avoir senti des cistes dans le sud ouest en France, la différence olfactive est très nette; aussi grande qu'entre un romarin un peu âcre poussant au nord de la Loire et un romarin solaire de Méditerranée. 

     

    Historiquement, ce qu'on appelle la note "ambrée" en parfumerie est un mélange de labdanum et de vanille; l'ambre gris ayant en plus des inflexions marines. Voir ici des explications sur la note ambrée et ici encore d'autres, mais en anglais.


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  • Je les ai rencontrés dans le Valais suisse. Evocateurs de la montagne, chacun dans son style. 

     

    J'ai été très étonnée d'apprendre qu'il n'y avait probablement pas (encore) de distillateur de conifères dans le Valais, … même pas pour produire des hydrolats, moins gourmands en matières premières que les HE. 

     

     

     

    P1240058.jpg

    Mélèzes, épicea et arc-en-ciel à Chandolin

     

    Mélèze (larix decidua)

     

    Le seul conifère européen à perdre ses aiguilles en hiver.

     

    "Il a mieux accordé son rythme vital au rythme du soieil, et ses aiguilles ne vivent qu'un an. Il est beaucoup plus adonné à la lumière que les autres Abiétinés" (conifères) explique l'anthroposophe William Pelikan  (t.2 L'homme et les plantes médicinales, ed.Ttriades )

    Du coup, en hiver, on distingue bien sa longue silhouette déplumée, au tronc élancé profondément cannelé. Un grand élégant.

    Dans le Valais on utilise son bois très resistant aux écarts de température pour bâtir des chalets que noircira peu à peu le soleil.

     

    P1240034.jpg Mélèze et neige  à Grimentz. On voit  bien les deux teintes du bois, le neuf et le vieilli à l'airl


    Sa résine est utilisée par les anthroposophes dans des remèdes destinés notamment aux yeux fatigués. Cette résine appelée également thérébentine de Venise servait de diluant pour les vernis.

     

    P1240061.jpgtronc de méleèze dans la forêt à Chandolin

     


    Il existe de l'huile essentielle et de l'hydrolat de mélèze, recommandés notamment pour la sphère bronchique et comme remontants immunitaires. Je n'en ai pas encore utilisé. Mais comme j'ai lu ici que l'hydrolat de mélèze pouvait agir sur les rêves, j'y pense sérieusement… 

     


    P1240085.jpgOn dirait qu'ils veillent sur le village (Saas Fée)

     

    Arolle  ou arole (pinus cembra)

     

     J'ai découvert que c'était le pin cembro, dont j'ai dû déjà utiliser l'huile essentielle. J'ai donc été ravie de le voir enfin "pour de vrai", c'est un bel arbre, ami de l'altitude (au-dessus de 1700m; la forêt de Chandolin où j'ai pris quelques photos se situe au dessus de 2000m). J'ai appris comment le distinguer d'autres conifères: ses aiguilles sont disposées par cinq en plumets. Ses fruits en forme de cônes renferment des pignons délicieux. Les écureuils et des oiseaux comme le casse-noix apprécient…

     

    Avec sa grande densité d'aiguilles, Je lui ai trouvé un aspect hivernal opulent.

     

     

    P1240055.jpgbranches d'arolle ployant sous la neige

     

     

    Les lits taillés dans du pin cembro (chercher à stone pine dans ce cas pour trouver des informations) et les oreillers garnis de ses copeaux sont réputés apaiser le mental et le rythme cardiaque. L'huile essentielle (tonique, antiseptique, insecticide)  et l'hydrolat sont distillés à partir des aiguilles.

     


     

    L'épicéa commun (picea abies)

     

    Autre nom du sapin rouge, dont les aiguilles sont disposées tout autour des rameaux, à la différence du sapin blanc (abies alba, ou sapin pectiné) où elles semblent s'aligner sur deux rangées. Autre différence: l'épicea laisse pendre ses pommes de pin vers le bas, alors que le sapin blanc les dresse vert le haut. Il a l'épinette pour cousine canadienne.

     

    Souvent utilisé comme sapin de Noël, il a une apparence familière à l'œil et on le verrait bien déambuler sur des chemins pentus comme un escogriffe sylvestre.  J'en ai contemplé de très grands en forêt (comme sur la première photo) qui semblaient prèts pour la balade…

     

    P1240109.jpgEpicea très généreux en fruits à Saas Fee

     

    On  utilise la résine de l'épicea et on extrait une huile essentielle assainissante et tonifiante de ses aiguilles; on produit aussi de l'hydrolat que j'avais testé il y a longtemps comme remontant, à une époque où on trouvait plus facilement les merveilleux hydrolats de Biotopes.

     



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  • J'ai entre les mains la nouvelle édition de L'aromathérapie de Dominique Baudoux (éditions Amyris) sortie au troisième trimestre 2008. Comme je n'ai pas lu grand chose dessus, je m'y suis plongée pour découvrir les nouveautés de plus près.

    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/objets/bureau/bureau_99.gif  Douze huiles essentielles ont été ajoutées aux soixante déjà recensées, dont quatre épices: cardamome, coriandre, muscadier et poivre noir. Quant aux autres nouvelles, je suis ravie de leur présence, car je les utilise déjà:  angélique, cajeput, matricaire, menthe des champs, patchouli, rose de Damas, saro et sauge sclarée.

    Aux abonnés absents: les agrumes , sous représentés: ni pamplemousse, ni néroli ni petit grain clémentine ou mandarine. Des résines : pas de copaiba, d'élémi ou de myrrhe. Manquent aussi, dans les anti- inflammatoires: les achillées, le curcuma, le santal…  

    Je n'ai pas comparé tous les textes des HE qui figurent dans les deux éditions, mais quand je l'ai fait, j'ai constaté qu'il n'y avait pas de changement.

    En revanche, il y a pas mal de modifications dans le formulaire thérapeutique. Les recettes sont très souvent dopées d'une HE supplémentaire, tirée de la nouvelle liste.

    Des exemples?

    brûlure: matricaire rajoutée à la composition lavande aspic-bois de rose-géranium rosat.

    hématome: patchouli ajouté au cocktail helichryse italienne-laurier noble-lavandin super.

    plaie: cajeput ajouté au trio ciste-lavande vraie-thym thujanol

    fatigue nerveuse
    : saro ajouté à marjolaine des jardins-petit grain bigarade-mandarine zeste

    fatigue physique: poivre noir ajouté à épinette noire-pin sylvestre-sapin baumier-menthe poivrée (je trouve ça un peu étrange car le poivre noir est  tropical pas les quatre autres)


    … la liste est très longue, la plupart des recettes ayant été étoffées. Sinon, l'introduction n'a pas bougé.

     
    http://mamidoo.free.fr/html/gifs/objets/bureau/bureau_99.gif  NB:  un détail m'a beaucoup amusée. Si l'on compare la liste des 10 HE dites "essentielles" publiée à la fin de L'aromathérapie à celles des douze HE "préférées" de Baudoux  (en fait, il en cite treize…), celles qu'il a sélectionnées pour son Guide pratique d'aromathérapie familiale et scientifique (ed. Inspir), sorti lui aussi en 2008 …  ce n'est pas tout à fait la même!
    On retrouve sept HE dans les deux listes; sinon, chaque ouvrage fait bande à part pour le reste…

    Par ailleurs, les formules sont rarement les mêmes d'un livre à l'autre, ce qui signifie qu'il n'y a pas qu'une vérité…

    Psoriasis
    bois de rose-ravintsara-géranium rosat d'Egypte-myrrhe-matricaire dans macérat de calendula dans L'aromathérapie
    géranium-tea tree-menthe poivrée dans macérat de calendula dans le Guide pratique, soit une seule He commune, le géranium.

    Piqûre de guèpe, abeille, etc
    .
    lavande aspic-matricaire-tea tree-géranium rosat dans L'aromathérapie
    lavande aspic-immortelle-eucalyptus citronné dans le Guide. Une seule He partagée: la lavande aspic.

    Il y aurait plein d'autres exemples…

    2° NB: autre détail amusant: la photo de Baudoux figurant sur le quatrième de couverture n'est pas la même pour l'Aromathérapie (nouvelle édition) et le Guide pratique, parus pourtant à peu près au même moment. Si l'auteur arbore toujours une cravate rouge, il a quelques cheveux de moins sur la photo publiée sur le Guide…



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  • Ce ne sont pas les livres sur les plantes médicinales qui manquent. Pour tester leur pertinence, mieux vaut savoir d'où ils tirent leurs informations: compilations, pratique, études sur le terrain…  Tous ne le disent pas…

    Cela me semble particulièrement intéressant si par exemple, on veut se lancer dans des  macérations de plantes. Dans l'huile? Dans l'eau? Comment choisir? On ne connait pas toujours les propriétés hydrophyles et/ou lipophiles des végétaux; parfois il y a débat… (je pense par exemple à la centella asiatica). Alors, on essaie de voir ce qui se dit dans les livres, qui se réfèrent notamment à la tradition, sans trop savoir toujours ce que recouvre ce mot. Est-elle fondée sur la transmission d'une pratique? Sur un savoir discrètement enrichi de compilations dans des livres plus ou moins anciens?

    L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/objets/bureau/bureau_91.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. D'où l'importance de remonter le plus possible aux sources écrites…

    Si on regarde la compilation qu'est en train de faire Bluetansy sur son site consacré aux
    huiles infusées, on découvre qu'elle recense pas mal d'auteurs anglo-saxons.
     
    C'est ce qui m'a donné l'idée de me plonger dans l'un des grands classiques de la phytothérapie britannique, l'herbier de Nicolas Culpeper publié au XVII° siècle (il y a eu de nombreuses éditions, qui différent légèrement).
    Pour les fans d'Harry Potter, c'est dans cet herbier que Joanne Rowling a puisé les
    noms des herbes magiques…


    Le portrait est pris sur le site de la
    bibliothèque de  Yale, qui permet de consulter sur internet une version de l'English physician, l'herbier paru du vivant de Culpeper en 1652 (il est mort en 1654 à 38 ans). (Une autre version, plus complète, ici).

    Astrologue, herboriste, Nicolas Culpeper soignait les pauvres de l'East end londonien. Ce qui le rend cher à mon cœur, c'est qu'il a rendu accessible  - à tous ceux qui savaient lire… - la
    London pharmacopaieia rédigée en latin pour le corps médical (la première liste "officielle" anglaise de médicaments et de formules, qui date de 1618) en traduisant ce texte en anglais. Ce pied de nez aux autorités sema la pagaille, lui valut pas mal d'ennemis d'autant qu'il y apporta sa touche personnelle d'astrologue…

    J'ai travaillé à partir de ce que j'avais, un reprint publié dans les années soixante dix (Foulsham &co) du
    Complete Herbal (l'une des variantes  du Physician).

    L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/objets/bureau/bureau_91.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. J'ai donc décidé de relire tout le bouquin pour relever le nom de toutes les plantes utilisées :
    - en macération huileuse  (désignée comme "huile", oil en anglais)
    -en baume (salve) ou pommade (ointment), ce qui nécessite une matière grasse
    -…  frites à la poele (eh oui)
    -en cataplasmes (poultice), s'il y a un support huileux.

    Magré ma lecture appliquée, j'ai peut être oublié des plantes, et dans un ou deux cas, les indications n'étaient pas claires (je l'indique au passage).
    J'ai systématiquement cherché et indiqué le nom français.

    On découvre dans cette liste des plantes très connues, d'autres, très rares ou complètement tombées en désuétude.
    Comme le texte est accessible sur internet, celles et ceux qui s'intéressent pourront y retrouver les mots mêmes de Culpepper et les formules de son époque.

    Les matières grasses utilisées

      *L'huile d'olive (qu'il recommande pour les macérations), ce qu'il appelle de l'huile de salade (sans préciser plus), le beurre, le saindoux (axonge,  hog's grease, qui signifie oing en vieux français, c'est à dire graisse, le plus souvent de porc), le lard.

    Dans la liste, je donne donc:

    Le nom anglais, suivi du nom latin indiqué par Culpeper (dans de rares cas, il ne correspond pas), le nom français, et l'usage indiqué.
    J'ai conservé l'ordre alphabétique du livre que j'ai consulté.

    Adders' tongue (ophioglossium vulgatum) langue de serpent, ophioglosse commun: huile et baume

    alkanet (anchusa tinctoria) fausse bourrache ou bluglosse officinale: pommade

    agrimony (agrimonia eupatoria) aigremoine: huile et pommade

    anemone (anemone nemerosa) anemone des bois: pommade

    asarabaca (asarum europarum) aseret d'Europe: huile


    Bay tree
    (laurus nobilis) laurier : huile des baies

    beans (vicia faba) fêve maraîchère: catapasme de la farine avec vin, vinaigre et huile

    bed straw (ladies') (galium palustre) gaillet des marais: pommade

    betony (wood) (betonica officinalis) épiaire officinale: application avec un peu de graisse

    brook-lime or water pimpernel ( veronica becabungavéronique des ruisseaux: frite avec du beurre et du vinaigre

    broom or broom-rape (orobanche major.) orobanche du genet : huile

    briony or wild wine (bryonia) bryone: fécule de bryone" avec de la graisse

    bugle (ajuga reptans) bugle rampant : pommade


    Camomile
    (anthemis nobilis) camomille romaine: huile

    caraway (carum carvi) carvi: graines broyées et frites

    celandine (the lesser) also caled pilewort (ficaria verna) ficaire fausse renoncule: huile

    chickweed (alsine media) alsine: jus bouilli avec de la graisse

    clary (salvia sclarea) sauge sclarée:  feuilles frites

    cleavers (galium aparine) gaillet gratteron: jus bouilli avec de la graisse

    coleworts (brassica oleracea): chou fleur, chou pommé? : cendres des tiges avec de la graisse

    coralwort (dentaria) cardamine (ou dentaire) à bulbilles : pommade

    costmary (balsamita vulgaris) herbe au coq, tanaisie balsamite : pommade

    cowslips or peagles (primula veris) primevère officinale: pommade

    crab's claws (semper vivum aquatica) selon mes recherches sur le net, (voir
    ici) le nom latin serait en réalité stratiotes aloides, aloes ou ananas d'eau: pommade

    cresses (sciatica)  (iberis sisymbrium) iberis  : cataplasme avec gaisse ou baume

    cuckoo pint (arum vulgare) arum tacheté : huile et pommade


    Daffodil (common)
    (narcissus pseudo narcissus) jonquille : huile (des racines)

    daisies (chrysanthemum leucanthemum) grande marguerite: huile, pommade

    dill (anethum graveolens) aneth: graines rôties ou frites utilisées dans les huiles et les emplâtres

    dittany
    of Crete (origanum dictamnus) dictamne de Crête:  écrasé, mélangé avec du polypode et de la  graisse

    dragon (dracontium) arisème dragon? (un léger doute pour l'identification): pommade


    Elder (dwarf)
    (sambucus humilis) sureau yèble : huile exprimée des graines

    eringo or sea holly (eryngium maritimum) panicaut des dunes: racines écrasées et bouillies avec de la graisse


    Faverel (woolly) (draba incana) drave grisâtre : pommade

    fennel  ( sow or hog's) (peucedanum officinalis) peucedan officinal, fenouil de porc: avec huile et vinaigre

    fern (brake or brake) (pteris aquilina) fougère aigle: racines écrasées et bouillies dans de l'huile  oude le la graisse

    fern (osmond royal, or water) ( osmunda regalis) osmonde royale: pommade avec l'huile, baume

    fig tree (ficus carica) figuier commun: pommade avec graisse et cendres du bois

    flax
    (linum usitatissimum) lin: huile

    fleabane (marsh.) (senecio vulgaris) seneçon vulgaire: pommade avec graisse, poudre de mastic et d'oliban

    flea-wort (erigeron viscosum) erigeron? (mal identifié, plusieurs variétés): jus mixé avec de la graisse

    flixwed ou  fluxweed
    (sisymbrium sophia) herbe de sainte Sophie : jus dans baume et pommade

    fleur de lys (garden or blue) (iris) iris des jardins: huile


    Green (winter)  (
    trientalis europea) trientale d'Europe: baume avec le jus, de la graisse, de la thérebentine

    gum thistle
    (euphorbia helioscopia) euphorbe reveil matin:  huile et pommade


    Henbane (common) (hyoscyamus niger) jusquiame noire: huile extraite des graines

    honewort (corn)
    (sison, segeton cryptotœnia canadensis) cryptoténie du Canada: cataplasme avec du lard

    honeysuckle (lonicera caprifolium) chevrefeuille: huile (des feuilles)

    horehound (marubium vulgare) marrube:
    jus et huile de rose, pommade avec fuilles écrasées

    hyssop (gratiola officinalis) gratiole officinale: pommade


    Jessamine
    ( jasminum officinale) jasmin officinal: huile

    John's wort (St) (hypericum perforatum) millepertuis: pommade


    Karse (dittander)
    (lepidium sativum) cresson alenois: feuilles ecrasées et mixées avec de la graisse

    kidneywort (cotyledon umbilicus) nombril de Vénus: pommade


    Lavender
    (lavandula spica) lavande aspic: huile

    lilly (white garden)  (lilium candidum) lys blanc: pommade

    lovage (ligusticum levisticum) livèche: feuilles écrasées, frites avec de la graisse


    Maidenhair (white) (
    asplenium ruta  muraria) rue des murailles: bouillie dans de l'huile de camomille

    mallows (common marsh.) (althœa officinalis) guimauve : cataplasme avec feuilles, farine, huile de roses; huile

    marigold
    (corn) ( chrisanthemum segetum … et non calendula officinalis…? )   chrysanthème des blés: (en poudre) emplâtre avec graisse, thérebentine, résine

    marjoram (common wild.) (origanum vulgare) origan : huile essentielle

    marjoram (sweet) (origanum majorana) marjolaine: huile, pommade, baume

    melilot (trifolium melilotus) mélilot: emplâtre avec suint de mouton, cire, résine

    mezereon spurge (daphne mezereum) bois-gentil: pommade

    misseltoe (viscum quercus) gui: mélé à parts égales avec cire et résine

    moss (ground) (lychen terrestris) lichen? : huile

    mugworth (common) (artemisia vulgaris) armoise panachée: pommade

    mullein (white) (verbascum lychnitis) molène à feuilles de lychnis: huile (par infusion des fleurs?)


    Nep (
    nepeta cataria) cataire: pommade

    nettle (common)
    (urtica dioica) ortie : pommade

    nightshade (common) (solanum) morelle :  jus avec huile de rose


    Oats
    (avena sativa) avoine : frite


    Parsley (common) (
    petroselinum sativum) persil: feuilles frites au beurre

    parsley (common stone) (sison amomum)  sison aromatique, parsley (small stone) (caucalis arvensis) parsley (smooth stone) (caucalis leptophylla) caucalis (variétés difficiles à identifier exactement): huile essentielle tirée des graines

    parsnip (cow.)
    (heracleum sphondylium) berce commune: graines et racines bouillies dans huile

    peach tree (amigdalus persica) pécher : huile tirée des noyaux

    pellitory of spain (anthemis pyrethrum) pyrèthre d'Afrique: pommade

    pellitory of the wall (parietaria officinalis) pariétaire officinale: pommade

    pepper guinea (capsicum frutescens) piment: avec graisse de poule

    pepper (water) (polygonum hydropiper) renouée poivre d'eau: pommade

    pilewort (common) (ficaria verna) faux bouton d'or: pommade

    plantain (plantago major) grand plantain: pommade

    poley (mountain) (teucrium polium) germandrée tomenteuse: pommade

    poppy (wild) (papaver rhoeas) coquelicot: cataplasme de feuilles et des têtes avec de la graisse


    Quince tree
    (pyrus cydonia) coing: huile?  (bizarre dans le contexte)


    Rose (hip)
    (rosa canina) églantier: huile

    rosemary (rosmarinus officinalis) romarin: huile  (en fait, recette d'une huile essentielle  sans alambic)

    rue (garden) (ruta graveolens) rue : pommade


    Savine (
    sabina  j
    uniperus) genevrier sabine cataplasme avec de la graisse

    savory (winter)
    (satureia montana) sarriette des montagnes: jus +huile de rose

    scabious (lesser fied) (scabiosa columbaria) scabieuse colombaire: pommade

    sciatica-wort ou sciatica-grass (card mantice) cochléaire officinale (j'ai eu beaucoup de mal à dénicher le nom français, voir
    ici  par exemple): pommade

    self-heal (prunella vulgaris) brunelle commune:  avec huile de rose

    shepherd's purse (capsella bursa pastoris) capselle bourse à pasteur: pommade

    southernwood (artemisia abrotanum) aurone mâle: pommade

    sow-thistle tree (marsh) (sonchus palustrus) laiteron des marais: jus bouilli avec de l'huile d'amandes amères


    Tansy (garden)
    (tannacetum hortis) tanaisie commune: frite avec des œufs

    thorn apple (datura stramonium) datura, stramoine: pommade

    thorough leaf (beupleurum campestris) buplèvre (lequel?): pommade

    thyme (common garden) thymus vulgaris thym commun : pommade

    tobacco (nicotiana tabacum) tabac : pommade (et huile distillée)

    trefoil (trifolium, called also honey suckle) trèfle rouge (meadow honeysuckle): pommade

    tutsan (hypericum androsæmum) androsème officinale: baume, pommade


    Vervain (common)
    (verbena officinalis) verveine officinale:  avec du lard

    violet (viola odorata) violette odorante : avec de l'huile de rose


    Woad (common)
    (isatis tinctoria) pastel des teinturiers: pommade

    wormwood (common broad-leaved) (absyntium latifiolium vulgare) absinthe: cataplasme, plante bouillie dans du lard


    Yarrow (common)
    (achillea millefolium) achillée millefeuille:  pommade.


    Ce sont des indications du XVII° siècle. Depuis, les connaissances ont évolué. Si l'on veut s'inspirer des recettes, il est indispensable de vérifier ce qu'on sait aujourd'hui de la toxicité des végétaux cités. Certaines plantes sont des poisons violents (le datura par exemple). Je nai pas voulu censurer ce texte, mais il ne s'agit en aucune façon d'une incitation à utiliser tout ce que je liste.


    L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/objets/bureau/bureau_91.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Liens (pas grand chose à se mettre sous la dent en français… )

    Biographie de Nicolas Culpeper (en anglais)
    ici

    Une présentation intéressante de Culpeper dans son époque  (en anglais)
    ici

    Une version du Complete herbal (on y accède par un index, le texte semble identique à mon édition, mais l'index est fait différemment) :
    ici







    29 commentaires
  • L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-038.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Avec la mode verte, une floppée de livres ne cessent de sortir, mais pour beaucoup d'entre eux, il s'agit plus de compilation que d'expériences. Ce qui n'est pas le cas, malgré son titre un peu austère, du livre de Christian Escriva: Précis de phytothérapie. Extraits de gemmothérapie et teintures mères.  (Editions Promonature).
    Je l'avais commandé par souscription. On peut se le procurer sur le
    site du Gattilier, créé par Christian Escriva où l'on trouve des macérats, des huiles essentielles, des plantes  et des préparations bio de grande qualité.

    Escriva est non seulement producteur de plantes médicales mais aussi grand observateur de la nature. Il organise des stages de botanique auxquels je n'ai pas encore eu la possibilibité de participer, faute de temps, mais je compte bien tenter un jour. Dans son ouvrage, il a une approche du monde végétal pragmatique et descriptive mais également "spirituelle", dans la lignée du travail de Goethe sur  la "métamorphose des plantes" (Goethe a été l'un des inspirateurs de la biodynamie). Comme l'écrit Escriva, dans cette optique, il s'agit d'une "rencontre de la plante au moyen de nos sens ".

    L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-038.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Dans ce livre, il explique d'abord, brièvement mais très clairement, le mode de production des macérats alcooliques de plantes, à partir de bourgeons (gemmothérapie) ou d'une partie ou de l'ensemble de la plante (teintures mères). Pour préparer ses extraits alcooliques, il n'utilise pas de glycérine avec l'alcool (pour des raisons de digestibilité, explique-t-il)  mais du miel ou du sirop d'agave.

    Il passe ensuite en revue 20 plantes pour la gemmothérapie (ce qui fait plus de 20 préparations car le bouleau est utilisé sous différentes formes: jus, jeunes pousses, etc ). J'ai découvert à cette occasion l'aulne glutineux et ses étranges bourgeons rouges (les photos sont très belles).  23 autres plantes sont recensées pour les teintures mères, dont la camomille matricaire qui me me séduit tant et dont il isole bien les propriétés (par rapport à celles de la camomille romaine). Pour chaque végétal, il y a à la fois un rappel des propriétés traditionnelles et un point sur les connaissances  contemporaines. Le tout est suivi d'un index thérapeutique (avec parfois des indications complémentaires en aromathérapie), d'une excellente bibliographie, relativement brève mais très bien commentée. Manque quand même, hélàs, une vraie table des matières.

    DSCN4920.JPG                                                                                    Vénérable olivier photographié récemment en petite Camargue.

    L'olivier selon Christian Escriva: "Quand nous avons la chance de nous promener dans une oliveraie (… ) , nous sommes surpris par la qualité de la lumière, l'ambiance en son sein, une paix, une sérénité, l'absence de toute inquiétude… (p. 58-59)

    L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-038.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Pourquoi je trouve ce livre intéressant? Au delà de l'aspect de guide thérapeutique (même si Christian Escriva s'en défend en préambule, ce sera sans aucun doute sa vocation première… ), c'est l'approche de la plante qui est passionnante, tant elle apparaît comme connue "de l'intérieur ", à la suite d'une observation méticuleuse et inspirée.

    Je citerai par exemple le pissenlit car le texte incarne en quelques phrases la "manière  Escriva" de présenter une plante:
     "Le pissenlit se hâte de fleurir et de s'évanouir en une mutitude de petites graines vite emportées par le vent. La plante semble "transformer" le sol, lui apporter pour ainsi dire par sa présence des qualités plus "fines", plus élaborées. Les feuilles (… ) consommées en salade ( …)  nous "allègent" des aliments bien souvent monotones de l'hiver. (… ) La TM de pissenlit est donnée comme dépurative, dans les cures de printemps en premier lieu, chez les personnes qui se sentent "encombrées" par une nourriture trop pauvre en légumes verts, graines germées, en fruits". (p.120)
    Pour le souci aussi, il y a un paragraphe très évocateur: "cette plante d'une vitalité étonnante, à la floraison hâtive (… ) surprend par l'odeur originale de ses feuilles et de ses fleurs: chaude, un peu lourde, aqueuse, complexe, rappelant presque une résine, un baume aux propriétés émollientes et réparatrices". (p. 128)

    Toutes les plantes citées sont soit endémiques sous nos latitudes soit s'y sont bien adaptées, ce qui est une belle réhabilitation de la pharmacopée européenne…

    L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-038.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Je ne dis peut être pas si vous aviez un seul livre à acheter pour vous initier au monde végétal, choisissez celui-là.  En revanche, si vous voulez apprivoiser les plantes médicinales, les approcher d'un œil neuf, si vous voulez tutoyer leur âme, allez-y.

    Liens: -un excellent article datant de 1998 (Nature et Progrès) sur la filiation de Goethe dans la biodynamie (et sur ce qu'est la biodynamie) 
    ici
    -Présentation et extraits du livre sur le site de la maison d'édition:



    22 commentaires
  • Quelques plantes interessantes rencontrées lors de mes récentes balades indiennes…


    DSCN4430.JPG

    Michelia champaca
    , vu dans une plantation biologique (Mojo plantation) près de Madikeri, dans le Karnataka. Sur cette photo, il n'est pas à son époque de floraison. On produit une absolue de ses fleurs très parfumées.

    DSCN4433.JPG

    Jeunes pousses flamboyantes d'un cannelier sauvage (cinnamomum zeylanicum), dans la même plantation.


    DSCN4442-copie-1.JPG


    Toujours près de Madikeri, j'ai photographié cet arbre au feuillage empourpré car il est baptisé arbre à encens. Peut être un boswellia serrata,variété que l'on trouve bien dans les forêts indiennes.   



    DSCN4749-copie-1.JPG


    Fleur d'un "snake tree", (nagalingapoovu, couroupita guianensis) arbre que j'ai découvert devant le Mannasarala Sree Nagaraja temple, à une trentaine de kilomètres au sud d'Allepey, temple dédié aux serpents. Comme je me demandais comment j'allais réussir à l'identifier, j'ai eu la chance, en ouvrant un journal quelques jours après … de tomber sur un long article qui lui était consacré. Il est originaire d'Amérique du sud, porte des fruits ressemblant un peu aux noix de coco (on l'appelle l'arbre boulet de canon en Guadeloupe) qui mettent un an à mûrir. Les fleurs ont une apparence des plus sophistiquée et une odeur suave. En inde, elles sont dédiées au dieu Shiva en raison de leur forme qui serait proche du lingam (phallus symbolique) shivaite.

    DSCN4740.JPG                                                                          l'entrée du temple de Mannasarala


    DSCN4737.JPG
                                     Serpent de pierre saupoudré de curcuma jaune, l'offrande spécifique à ce temple.



    DSCN4754.JPG


    Un arbre à la floraison intrigante
    , très présent le long des magnifiques mangroves du Kérala. Ses feuilles sont en forme de cœur, il possède à la fois des fleurs jaunes épanouies et des rouges roulées en cornet. Peut-être un hibiscus de mer, hibiscus tiliaceus sp tiliaceus variété possèdant des fleurs jaunes qui deviennent rouges quand elles vont se faner et qui pousse en bord de rivage, d'où son nom.


    DSCN4753.JPG
    J'ai quand même un léger doute car les fleurs photographiées sont plus juponnées que celles découvertes en images sur internet. Et il existe aussi des hibiscus mutabilis, (aux fleurs plus fournies comme ici)  qui changent également de couleur… mais ils passent du blanc (et non du jaune) au rouge.



    DSCN4434-copie-1.JPG


    Et juste pour le plaisir, des fleurs de caféier au merveilleux parfum jasminé.


    Liens
    : un site très précieux pour identifier la flore indienne:  ici

    12 commentaires


  • Je suis ravie d'apprendre, via la newsletter de Kokopelli, que l'état du Karnataka, en Inde, a testé avec succès les semences bio de Kokopelli et que les petits paysans (il y a encore beaucoup de cultures vivrières) vont bientôt pouvoir en profiter.


    Kokopelli, via son antenne indienne  Annadana, travaille dans le sous-continent depuis 1999. Sa première implantation s'est faite, en collaboration avec le jardin botanique d'Auroville dans l'Etat du Tamil Nadu (capitale Madras, côte sud est). Depuis un an, comme l'indique l'association, Annadana a installé des serres pilotes près de Bangalore, capitale du Karnataka (sud ouest du pays) avec le soutien du gouvernement régional, pour tester des semences bio (Plus de détails sur le site ici). Succès total des essais. Quand on sait que le Karnakata est un état où il y a une vraie tradition de cuisine populaire et végétarienne, on se réjouit de cette nouvelle qui court-circuite la stratégie planétaire de Monsanto-Attila. Je vais donc traquer les tomates bio à l'ancienne lors de mon prochain voyage dans le Karnataka:20 variétés ont été testées…

     

                               Tomates produites au Biocenter de Bangalore (photo du site de Kokopelli)

     

    «Des dizaines de variétés de semences potagères sont disponibles actuellement pour les paysans de l'Inde et distribuées gratuitement par Annadana à partir d'Auroville», annonce aussi l'association qui met peu à peu en ligne sur le site anglais d'Annadana des informations sur l'agriculture biologique, les semences, les techniques d'agriculture védique (j'attends avec impatience que les rubriques plantes sauvages et plantes médicinales soient nourries… )



    Je n'ai hélàs pas de jardin, mais ceux et celles qui en possèdent un peuvent adopter une semence via Kokopelli à la fois pour la préserver chez eux et lui garantir un avenir…



    http://www.kokopelli.asso.fr/
    source des mini-gifs tomate



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  • En général, j'attends la Toussaint pour rentrer les plantes qui prennent le soleil tout l'été sur les rebords (assez larges heureusement) de mes fenêtres. Chaque automne, c''est la même attente impatiente… après le choc thermique qu'elles subissent à ce moment, vont-elles fleurir ou pas?

    L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Arbre-010.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Ouiiii…

    L'orchidée (cymbidium), menacée d'abandon (l'an dernier, elle n'avait rien donné… ) a sorti vite fait une hampe florale…





    Les cactus à fleurs explosent de boutons. L'épiphyllum en porte des dizaines, pas encore éclos. Le schlumbergera en est à sa troisième fleur, énorme:





    La plante dollar (ou plante jade, crassula argentea, voir ici pour un processus de bouturage que je me promets d'essayer très vite), porte bonheur dans le feng shui, s'est mise aussi à fleurir (petites fleurs blanches peu spectaculaires, donc non photographiées).


    L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Arbre-010.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Et, hors sujet mais si épanouies, les roses rapportées du Sud Ouest se gonflent comme des choux…







    en version écarlate…
     





     ou en rose franc

      

    source des mini arbres                                                                      L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Arbre-010.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Arbre-010.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Arbre-010.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

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  • Lors d'un récent voyage à Madère, j'avais rapporté ça:




                                                             Fruit du monstera deliciosa (faux philodendron) encore vert.


    L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.L'argumentation du marchand était la suivante: vous achetez le fruit vert, il mûrit sagement pendant trois semaines. Quand la peau vire au  jaune, il est mûr à point, vous pouvez le déguster. Sur place, au merveilleux marché de Funchal d'où vient la bête, j'ai pu la goûter: elle possède un exquis parfum de litchi (beaucoup disent ananas +banane). Mon intention première était donc, de retour à Paris, de photographier régulièrement son lent murissement avant de me régaler de ses grains translucides et parfumés.
    Il a débarqué chez moi, jeune adolescent, avec cette couleur :

                                                 
                                                                      Pointe "écailleuse" du Monstera


    Après sa première séance photo, j'étais toute contente. J'avais installé Monstera près d'une fenêtre exposée sud-ouest (soieil d'après midi) et il paraissait paisible.

    Le même soir, que vois-je?





                                                            Fruit du Monstera, toujours pas mûr, mais en pleine effervescence


    L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Monstera avait littéralement éclaté -bien plus tôt que prévu-… Or tout ce que j'ai pu lire sur la comestibilité du fruit du faux philodendron, -fruit appelé cériman- va dans le même sens: tant que c'est vert, c'est toxique.

    Pourtant, de près, il était sacrément tentant:


     
                                                              Quand c'est pas mûr, c'est pas mûr

    J'ai donc patienté. Hélàs, Monstera s'est irrésistiblement et obstinément mis à virer au noir. Il n'a jamais jauni. 

    L'image “http://perso.orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Je ne vous le montrerai pas en photo… il était devenu trop vilain. Une odeur délicieuse commencait pourtant à monter du plat où il trônait … attirant à elle une nuée de moucherons, amateurs, sans doute, de curiosités décadentes et exotiques.
    J'ai dû me résoudre, la mort dans l'âme, à le jeter.
    je pense qu'il a eu le blues et n'a pas supporté l'exil -ni, peut être, le trop grand changement d'hygrométrie- .

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